Back Vous êtes ici : Société Questions de société Bioéthique/Ecologie de l'homme

Bioéthique

L'écologie de l'homme, c'est tout d'abord le respect de la vie de la conception à la mort naturelle, l'affirmation de la dignité intrinsèque liée à la nature de l'homme et non à ses performances, l'affirmation de son intégrité physique (le corps ne peut donner lieu à des transactions commerciales), le respect de la complémentarité entre l'homme et la femme, la dignité de ses conditions de vie.

En savoir plus

Communiqué de presse - Non, la société n'est pas prête à la PMA pour toutes !

Fotolia 173572901 XSAgnès Buzyn a commenté, avant-hier, dans le JDD, son projet de loi relatif à la bioéthique.

Elle prétend qu'il ne s'agit pas "d'une loi de combat mais d'un texte élaboré après une large consultation ", que " la société est prête", et que "l'ouverture de la PMA à toutes les femmes ne trahit aucune valeur éthique fondamentale".

A lire Madame Buzyn, on comprend que le gouvernement ne tient aucun compte de l'opposition massive révélée lors des Etats Généraux de la bioéthique. Il reste sourd aux avis du CCNE,  lequel révèle de larges désaccords en son sein et signale lui-même de très nombreux " points de butée ". 
Il  n'a pas plus écouté les mises en garde des juristes, des psychiatres et des spécialistes de la petite enfance. Il se moque de l'avis des nombreuses associations extrêmement préoccupées par le modèle de société qui se met en place.

Si la consultation a été large et étalée dans le temps c'est pour essouffler et diluer les oppositions. Ce n'est pas du tout  pour s'assurer, avec prudence,  que ces évolutions étaient bénéfiques pour notre pays.

Nous continuons à nous adresser au sens de la responsabilité du Gouvernement pour rappeler que :
-  L'extension de la PMA bouleversera l'établissement de la filiation en fondant celle-ci sur le désir des adultes
-  Elle privera délibérément un enfant d'un père pour répondre à la souffrance existentielle des femmes.
- "La médecine serait simplement convoquée pour satisfaire un droit individuel à l'enfant" (avis n°90 du CCNE).
- Elle ouvrira la porte à la marchandisation du corps humain induite par la pénurie de sperme, aux dérives eugéniques inhérentes à la sélection des donneurs et à la GPA, au nom de la même conception, erronée, de l'égalité

Les AFC redisent à Madame Buzyn toute leur détermination à s'opposer à ce projet, qui va une nouvelle fois fissurer la société française.

Elles lui demandent  d'assumer le " progressisme sociétal " du gouvernement, à visée clientéliste, d'avoir l'honnêteté de ne pas se prévaloir d'une consultation qui n'a été qu'une opération de communication et de porter la responsabilité d'un mouvement social d'ampleur dans les prochains mois. 

Communiqué de presse - Projet de loi bioéthique : Qui pense aux enfants ?

AFC Rencontre ministère de la justiceEdouard Philippe a annoncé hier, dans son discours de politique générale à l'Assemblée Nationale, la présentation d'un projet de loi de bioéthique fin juillet au Conseil des ministres pour une discussion fin septembre au Parlement. Ce projet de loi inclura la généralisation de la "PMA" aux femmes célibataires et aux couples de femmes.

Depuis l'ouverture des Etats Généraux de la bioéthique, les AFC ont dit leur totale désapprobation.

Ce projet priverait délibérément des enfants de père et serait la dernière marche avant la légalisation de la GPA.

Cette évolution changerait profondément le droit de la famille et de la filiation dans notre pays. Aujourd'hui, ce droit est fondé sur la référence biologique à la paternité et à la maternité. Demain, il pourrait être fondé sur le seul "projet parental" ou sur le désir - par essence mouvant - des adultes. Comment les enfants se construiront-ils psychiquement alors que leur état civil leur reconnaîtrait une prétendue "double filiation maternelle", par nature impossible ?

Ce projet ouvrirait aussi la voie à la commercialisation des produits du corps humain : le Conseil d'Etat chiffre à plusieurs centaines le nombre de donneurs de sperme manquant. La tentation pourrait devenir grande de rétribuer le "don" ou d'acheter du sperme dans les banques de sperme étrangères, notamment au Danemark. La sélection des "donneurs" induit, en outre, une démarche eugéniste.

Les AFC ont été reçues le 25 avril par Adrien Taquet, secrétaire d'Etat en charge de la protection de l'enfance auprès d'Agnès Buzyn, ministre de la Santé et le 11 juin par la Garde des Sceaux, Nicole Belloubet.

Elles leur ont redit leur très ferme opposition et les ont mis en garde contre les conséquences néfastes de ce projet qui porte les germes d'une nouvelle fracture sociale. Elles ont rappelé combien la loi sur le "Mariage pour tous" avait suscité de clivages et de rancœurs dans notre pays.

Elles se préparent à résister par tous les moyens, y compris par la manifestation, à cette transgression lourde de conséquences.

PMA, révolution technologique… et l’homme dans tout ça ?

 

Très informés sur les questions éthiques en politique, le père Laurent Stalla-Bourdillon et le député Thibault Bazin alertent sur les dérives technicistes du projet de révision des lois bioéthiques.

Qui sont-ils ?
Père Laurent Stalla-Bourdillon est directeur du service pour les professionnels de l’Information à l’archevêché de Paris et Thibault Bazin est le député de la 4e circonscription de Meurthe-et-Moselle.

Quelle est votre opinion sur cette loi qui englobe à la fois des questions d’intelligence artificielle, de greffes, de neurosciences, de PMA, d’euthanasie… ? Révolution technologique bioéthique

Thibault Bazin – Il n’y a pas encore de projet de loi. Nous savons juste que le Gouvernement veut autoriser la PMA pour les couples de femmes et les célibataires. Par contre, je suis très inquiet sur les intentions de la majorité à l’Assemblée nationale, qui souhaite aller très loin sur tous les sujets sous prétexte de l’évolution de notre société.

Laurent Stalla-Bourdillon – Il s’agit en réalité d’apporter des réponses législatives à l’irruption des technologies dans l’ensemble de la vie sociale. Le pouvoir exorbitant des techniques est la source d’autant de promesses que de menaces. La question essentielle est donc : comment protéger le vivant ? Ce qui va affecter le corps individuel de chacun à cause des manipulations génétiques, aura des conséquences sur le corps social à travers la sélection embryonnaire. De même, le recueil des données en masse va permettre de saisir la vie sociale et conditionnera d’autant la vie individuelle.

« Même si ces questions devraient être du ressort de la conviction et de l’intime, les critères politiques, techniques et économiques influenceront les débats. » Thibault Bazin, Député de Meurthe et Moselle

L’acte législatif saurait-il ici s’ériger en nouvelle norme morale ?

L. S.-B. – Il est clair que nos sociétés ne parviennent plus à articuler correctement le plan moral du plan légal. Parce que nous n’acceptons plus que l’être humain soit référé à une source transcendante qui fonde les droits et qui détermine son authentique développement, nous nous pensons libres d’énoncer la vérité dernière de la moralité de nos actes. Dès lors, l’utilitarisme technologique permettant de répondre à des désirs et à des souffrances rend légitime toutes les requêtes.

T. B. - Le pouvoir législatif a la possibilité d’ériger de nouveaux droits, de nouvelles normes, mais ce n’est pas en légalisant telle action ou telle situation qu’on la rend « morale » pour autant. L’éthique semble être l’artifice technique pour légaliser ce que la morale pourrait réprouver. Il revient à chacun ensuite, en son âme et conscience, de discerner ce qui lui semble moral.

Le souci de l’humanité saura-t-il prévaloir sur les intérêts économiques, techniques et politiques de ce débat ?

T. B. - Il faut être malheureusement réaliste. Le « mariage pour tous » a servi à souder une majorité et à compenser des résultats décevants sur le plan socio-économique. Le but de la future loi ne sera-t-il pas le même ? Même si ces questions devraient être du ressort de la conviction et de l’intime, les critères politiques, techniques et économiques influenceront les débats. L’argument de l’évolution de la société va être évoqué bien souvent pour faire adopter telle ou telle mesure, contraire au souci de l’humanité et aux principes que j’ai rappelés.

L. S.-B. – Il y a tout à craindre hélas que la réflexion éthique sur l’usage des techniques ne parvienne pas à tenir en garde la puissance des marchés. Car, après tout, le moteur principal de nos sociétés techniciennes reste la rentabilité des investissements. Le corps humain est le nouveau continent à explorer en ce XXIème siècle.

« L’être humain n’a pas son origine dans les manipulations techniques des gamètes, mais dans la conception que se font ses parents, conscients que leur enfant ne vient pas d’eux, mais leur est donné. » P. Stalla-Bourdillon, diocèse de Paris

Comment répondre à l'aspiration fondamentale de la paternité ?

T. B. La technique doit avoir ses limites. La paternité ne peut être érigée en droit fondamental. C’est avant tout un devoir, et même une responsabilité, quand on donne la vie avec une femme. Au lieu du droit à l’enfant, on doit privilégier l’intérêt de l’enfant pour qui la filiation biologique a son importance.

L. S.-B. – Paternité et maternité n’existent pas l’une sans l’autre. La nature a voulu que seule l’union des corps masculin et féminin ouvre la voie à un nouvel être humain. Pour faire l’expérience de la paternité et de la maternité, il faut « un autre » avec soi : une femme pour un homme et un homme pour une femme. L’être humain n’est jamais produit, il est conçu. Il n’a pas son origine dans les manipulations techniques des gamètes, mais dans la conception que se font ses parents, conscients que leur enfant ne vient pas d’eux, mais leur est donné. En supprimant la paternité humaine, nous supprimons aussi le plus court chemin qui mène à Dieu, et finalement Dieu lui-même, rejeté comme donateur de vie.

Actualités des familles La Croix