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Collège : le socle commun de connaissances

Le socle commun de connaissances, de compétences et de culture a été publié au Bulletin Officiel et sera mis en œuvre dès la rentrée 2016 avec la réforme du Collège. Il concerne l’ensemble des apprentissages des élèves de 6 à 16 ans et recouvre donc la période de scolarité obligatoire.

Il est divisé en 6 grands domaines :

  • les langages pour penser et communiquer,
  • les méthodes et outils pour apprendre,
  • la formation de la personne et du citoyen,
  • les systèmes naturels et les systèmes techniques,
  • les représentations du monde et l'activité humaine.

Ce socle commun permettra une cohérence entre les enseignements qui devront être décloisonnés: ainsi, les professeurs de sciences sont explicitement mobilisés pour participer à la formation des élèves à la maîtrise de la langue, l’éducation citoyenne est explicitement l’affaire de tous…

Cependant, et en dépit de son titre qui insiste sur la culture, il s’agit d’un enseignement toujours plus technique dans lequel la langue française est classée parmi les langages pour « penser et communiquer » au même titre que les « langues vivantes étrangères ou régionales » ou les « langages des arts et du corps ». La langue française est présentée comme un simple outil mais non comme le riche héritage qui a permis de développer une culture –et donc une pensée- qui rayonne bien au-delà de nos frontières et qui, à travers tant et tant d’auteurs, structure peu à peu la langue, les émotions, la réflexion et l’intelligence des enfants et des jeunes, permettant ainsi à chacun d’apprendre à penser, s’exprimer et agir avec plus de liberté.

Ce socle commun fait la part belle aux valeurs fondamentales et aux principes de la République, domaine qui est traité dans une rubrique à part entière. Nul doute que ces valeurs et principes seraient bien mieux compréhensibles et naturellement adoptables comme règle de vie commune et non comme une quasi-religion, si la culture vivante qui les a suscités était goûtée, comprise, admirée. Comment comprendre la liberté d’expression sans Beaumarchais, sans Victor Hugo? La démocratie sans Tocqueville ou Lamartine ?

Découvrez le socle commun sur le site du ministère

La réforme du collège en 8 points

La réforme du collège n’en finit pas de susciter les critiques.

Voici, point par point, l'analyse des AFC :



… « leur implication est essentielle dans la réussite scolaire de chaque élève ». Mais on attend toujours, dans les textes du Ministère, que les parents apparaissent comme les « premiers et principaux éducateurs » et non comme les auxiliaires de l’Education nationale.



… ou « Enseignements Pratiques Interdisciplinaires » visent à monter deux projets par an à cheval entre plusieurs matières, dans les heures imparties et selon un certain nombre de thèmes. Le but est de favoriser un décloisonnement des disciplines. L’un des bénéfices pourra être une plus grande autonomie et donc plus forte implication des professeurs concernés. L’un des risques sera dans l’insuffisance, ou la vacuité, des projets, voire de tomber dans de l’occupationnel, au détriment de l’acquisition des savoirs fondamentaux.



… n’étaient pas prévus dans les dotations horaires ou dans les programmes, hormis une vague initiation en Français et dans l’un des « Enseignements Pratiques Interdisciplinaires » qui peut concerner les « langues et cultures de l’Antiquité ». Devant le tollé, la ministre a rétabli des cours de latin ou de grec, cela se fera cependant au bon vouloir et selon les moyens qui seront accordés aux établissements, au rythme d’une heure en 5ème et de deux en 4ème et 3ème. (Pour mémoire, 2heures existent en 5ème et 4ème et 3 heures en 3ème, actuellement).



… perçues comme des filières élitistes. Néanmoins dans certaines zones socialement défavorisées, ces filières permettent aux élèves les plus doués de sortir du lot et d’avoir une chance d’accéder à un bon lycée.



… sont établis non plus par année mais pour l’ensemble du Cycle 4 (5ème à la 3ème) pour les matières scientifiques. Il n’est pas tenu compte des élèves changeant de collège en cours de cycle.
Les programmes sont beaucoup plus vagues sur les connaissances à acquérir, favorisant l’autonomie, et donc l’investissement, des professeurs ; néanmoins, il s’agira d’une révolution culturelle –à accompagner- pour notre système éducatif français dans lequel le « programme » est le texte de référence de l’enseignement.
Il reste une inconnue : sur quelles connaissances les professeurs de lycée pourront-ils s’appuyer avec des élèves venant de collèges différents ?



… n’est pas la matière qui permet de transmettre une culture vivante, mais un « outil de communication ». (cf notre analyse sur le Socle Commun)
On préconise de travailler le français par séquences. Le programme indique que des « séances spécifiques en étude de la langue peuvent se trouver justifiées à l’intérieur de la séquence ».
Hormis cette indication, on ne trouve nulle trace de travail sur les conjugaisons, l’orthographe ou la syntaxe. Mais il est vrai qu’à défaut de grammaire, les élèves apprendront à se servir d’un correcteur orthographique. Ce programme apparait bien naïf : comment croire, sauf à ne pas avoir croisé un élève de sixième depuis bien longtemps, que, dès la sortie du Primaire, il serait apte à maitriser toutes les subtilités de la grammaire française ?



… se contente d’aborder des thèmes successifs et renonce explicitement à rendre compte de l’Histoire de manière continue. Les thèmes choisis ne s’enchaînent pas de manière logique ne permettant pas de comprendre les causes qui ont abouti à telle conséquence historique. Nombre de thématiques privilégiées sont de nature compassionnelle, l’accent étant mis, par exemple, sur les génocides, l’esclavage, ou les empires coloniaux suivant l’esprit de repentance qui a cours. Il s’agit là d’une vision de l’Histoire plus émotionnelle que raisonnée n’aidant pas l’élève à accéder à une compréhension dynamique et logique.



… abordent la reproduction sexuée avec le programme suivant : contraception, prévention des MST, spécificités de la sexualité humaine par rapport aux autres mammifères. On aurait pu espérer que les adolescents apprendraient comment se conçoit un enfant et comment se déroule une grossesse à un moment de leur cursus. Il n’en est rien. Les jeunes des générations à venir ne l’apprendront ni au collège, ni en 1ère, où ce thème est à nouveau traité. Comment peut-on espérer qu’ils puissent ainsi accéder à une sexualité de dialogue et de respect plutôt qu’à une sexualité de consommation de l’autre ?

Ce projet de réforme du collège semble avoir été élaboré dans une grande précipitation, il est marqué par l’idéologie « pédagogiste » de l’Education nationale, la volonté de mettre en œuvre un « socle commun » très technique et une vision égalitariste de l’école. La plus grande autonomie dévolue aux enseignants est une bonne évolution qui sera à poursuivre puisqu’il apparait clairement que la volonté de piloter le paquebot « Education nationale » depuis la rue de Grenelle de manière uniforme est un facteur d’immobilisme et d’appauvrissement continu, quels que soient les gouvernements et les réformes successives.

 

- Décret n° 2015-544 du 19 mai 2015 relatif à l'organisation des enseignements au collège
- Arrêté du 19 mai 2015 relatif à l'organisation des enseignements dans les classes de collège

Le Genre arrive à l’école, que faire ?

Qu'est devenu l'ABCD de l'égalité ?

En juillet dernier, le dispositif « ABCD de l'égalité » était officiellement abandonné par l'Education Nationale. Il a depuis été remplacé par un « Plan d'action pour l'égalité des filles et des garçons à l'école ».
Ce plan inclut la formation de 320 000 enseignants et la mise à disposition d'une mallette pédagogique comportant des séquences déjà expérimentées. Il est étendu à toute la France, mais reste néanmoins au bon vouloir des enseignants et n'est pas imposé aux écoles privées sous contrat.
Il s'agit encore une fois d'un dispositif et non d'un programme : le nom a changé, mais le contenu est identique et, cette fois, la diffusion est généralisée.

Un projet de programme d'enseignement moral et civique a été publié le 3 juillet dernier. http://cache.media.education.gouv.fr/file/Organismes/32/8/CSP-Projet_EMC_337328.pdf  Il concerne les élèves du primaire et du collège et inclut la lutte contre l'homophobie et les stéréotypes de genre. Les enseignants dans les Ecoles Supérieures du Professorat et de l'Enseignement sont en cours de formation et les manuels correspondant devraient être publiés dans les mois à venir. Cet enseignement sera dispensé à la rentrée 2015 à tous les élèves.

Et dans le privé ?

L'Enseignement catholique, sur ce sujet, souhaite « aider les jeunes à éclairer leur conscience à la lumière de l'Évangile » et a publié en mars dernier un texte « École catholique et formation morale ». Son secrétaire général, Pascal Balmand, entend dispenser cet enseignement en gardant la spécificité de l'enseignement catholique : « Autre exemple de décalage avec les projets gouvernementaux : ceux-ci font de la morale le fondement du vivre ensemble collectif, sans évoquer ni la personne, ni son bonheur. Alors que notre texte souligne notre volonté de permettre à chacun, au sein d'une communauté, de grandir en humanité, en répondant librement à sa vocation ».

Comment se mobiliser à la rentrée pour promouvoir une autre vision de l'Homme ?

La perspective de genre fait du sexe et du genre deux aspects distincts de l'identité sexuelle d'une personne : le sexe renvoie à sa réalité biologique et le genre à sa réalité sociale.
Ce que cherchent les militants du genre, ce n'est pas de nier le sexe biologique mais d'en faire un élément indifférent de ce qu'est un individu et ainsi de le libérer de la « contrainte » de ce que serait un corps sexué. L'ambition de genre est de déconstruire tout ce qui serait culturel ou forgé par l'éducation et de lutter contre une société « hétéronormée ».

Pour promouvoir une vision chrétienne de l'Homme, il ne suffit pas de dénoncer le « genre » mais d'annoncer tout autant une bonne nouvelle de la personne humaine, du couple, de l'amour, de la vie, qui réponde de manière positive à cette dérive anthropologique. C'est l'enjeu de l'éducation affective, relationnelle et sexuelle : il est indispensable que de nombreux adultes s'engagent pour transmettre une éducation sexuelle centrée sur la relation et non sur une sexualité de consommation de l'autre. Enfants et jeunes ont besoin d'être accompagnés pour comprendre et harmoniser leur identité sexuelle et leur orientation sexuelle dans un monde qui ne leur permet plus d'accéder à la signification de leur corps sexué.

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