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Couple

Accompagner les couples

Face aux questions que peut poser la vie conjugale, aux difficultés qu'ils rencontrent (communication...), certains couples sont démunis voire même en crise. Voici quelques informations utiles concernant les démarches possibles en matière d'accompagnement, des propositions différentes suivant les besoins et la situation de chacun.

Conseil conjugal, thérapie de couple... qu'est-ce ?

La première chose à faire avant toute démarche auprès d'un spécialiste en thérapie de couple est de vérifier s'il a une formation professionnelle dans ce domaine. Ainsi, les médecins généralistes, psychiatres et psychologues doivent avoir une formation supplémentaire pour recevoir des couples en thérapie.

Les thérapeutes de couple et les conseillers conjugaux sont formés pour accompagner les couples ensembles ou en individuel sur toutes les questions conflictuelles qu'ils rencontrent : le thérapeute travaille sur la relation avec des outils spéciaux.

Les conseils conjugaux et thérapeutes de couples sont formés pour traiter les problèmes sexuels cependant ils peuvent orienter le couple vers un sexologue lorsque le problème est très spécifique.
La différence entre un conseil conjugal et une thérapie de couple s'inscrit principalement par le nombre de séances suivant la demande du couple.

Une thérapie de couple s'étale sur plusieurs séances et peut durer plusieurs mois voire plusieurs années (le rythme des séances est fixé par le thérapeute avec l'accord du couple en fonction de la demande).

Un conseil conjugal peut être l'objet d'une seule séance si le couple traverse une difficulté ponctuelle mais peut se transformer en thérapie de couple s'il s'avère que la demande ponctuelle révèle un problème plus profond.

Une thérapie familiale réunit un couple et les enfants ; cette thérapie porte sur les rapports entre divers membre de la famille et non seulement entre les conjoints. Il peut arriver que le problème apporté par une famille s'origine dans le couple (très souvent le cas !) auquel cas le thérapeute familial peut renvoyer le couple auprès d'un conseiller conjugal ou un thérapeute de couple ou continuer à voir le couple seul si il a la double formation.

La thérapie familiale est une approche systémique de la famille avec des outils et un regard propre à cet angle (la famille est observée comme un système et traitée comme tel).

La médiation s'adresse au couple qui ayant fait le choix de se séparer, ont besoin d'aide pour résoudre certaines questions (garde d'enfants, droit de visite, partage des biens, etc.). Il arrive qu'à l'occasion d'une médiation le couple réalise qu'ils ne sont pas prêts à se séparer auquel cas le médiateur doit les orienter vers le conseil conjugal.

Un couple en crise peut faire le choix de suivre un programme ou une retraite pour traiter leur difficulté ; dans ce registre, « Retrouvaille » est un parcours chrétien qui apporte un soutien très adapté aux couples. (http://www.retrouvaille-coupleencrise.fr).

La médiation : quelques clarifications utiles

La médiation familiale est un processus de pacification des conflits familiaux. Elle permet de résoudre des questions pratiques devenues des problèmes insolubles faute de communication.
Son objectif premier est de permettre aux couples divorcés ou séparés de renouer le dialogue dans l'intérêt de leurs enfants. Au-delà du conflit, la médiation familiale les accompagne à réinvestir leur rôle parental et les aide à porter un regard commun sur leurs enfants.

La médiation s'adresse à toutes les situations familiales où l'absence de communication crée une impasse : grands-parents coupés de leurs petits-enfants, conflits intergénérationnels, transmission de la maison familiale...

Le médiateur familial est un tiers diplômé d'Etat neutre, formé à l'écoute et à la gestion des conflits. Il accueille inconditionnellement les personnes et offre un espace confidentiel où elles peuvent se parler et s'écouter afin de trouver conjointement une solution appropriée à ce qui les oppose. Au fil des séances les personnes sortent de leur position pour aller vers l'autre, redécouvrant le sens de l'altérité ; elles reprennent confiance dans leurs capacités, mettent en place une nouvelle forme de communication et parfois cheminent vers le pardon.

En pratique
Le médiateur peut être saisi spontanément ou sur injonction du juge aux affaires familiales. Le processus de médiation se déroule sur 2 à 8 séances, se clôturant si besoin par un accord homologable par le juge.

Renseignements http://www.mediatrice-familiale.fr

L'infidélité comme bien de consommation...

Une campagne de publicité fait à nouveau l'apologie de l'infidélité conjugale et suscite des réactions vives.

De tels supports, au-delà de leur apparence, renvoient aux conceptions erronées de la relation et de la sexualité que véhicule la société contemporaine autant qu'ils les renforcent (et la fréquentation des sites concernés explose littéralement). Ici, la sexualité devient même un objet publicitaire...

Dans une interview donnée à Valeurs actuelles (9/22 août 2012), Pascale Morinière, vice-présidente de la Confédération nationale des AFC, soulignait que cette tendance constitue « le marqueur d'une société adolescente qui vit la transgression comme une expression de soi. Dans une société d'où le risque est banni, les époux, comme les jeunes, trouvent la prise de risque dans l'infidélité, la tromperie, le mensonge ». « Ces sites organisent une forme de prostitution mutuelle et consentie, poursuit Pascale Morinière. On y trouve l'apologie du non-lien, le corps considéré comme une vitrine, un support de la puissance, un objet de contemplation et de consommation, mais extérieur au moi profond ». Sans parler des conséquences sociales, économiques, psychologiques... de l'infidélité élevée au rang de bien de consommation...

Enfants des ruptures familiales et pauvreté : un état des lieux

Coût des ruptures conjugalesL'INED publie de nouveaux chiffres qui rappellent que, si les effets des ruptures conjugales sont plus amples, 71% des 13,7 millions d'enfants mineurs que comptait la France en 2011, vivent avec « leurs deux parents biologiques », leur père et leur mère donc.

Un phénomène toujours plus massif ?

Ce constat posé, l'étude rappelle ainsi que « chaque année, près de 350 000 couples se séparent, dont la moitié a des enfants à charge. Et 10 000 couples ayant des enfants mineurs se défont du fait du décès du conjoint ou compagnon ». Ensuite, on apprend que 18% des enfants mineurs vivent dans un foyer monoparental, 7 % avec un de leurs parents et un beau-parent et 4 % au sein d'une famille recomposée avec des demi-frères ou demi-sœurs.

A l'appui du constat que la rupture conjugale est de plus en plus fréquente, les auteurs estiment la proportion d'enfants ayant vécu la séparation de ses parents :
- « 15 % des enfants de moins de 14 ans nés en 1975 ont vécu la séparation de leurs parents, toutes causes confondues (compris décès d'un des parents) ;
- 23 % pour la génération née en 1990 (proportion au dire des mères, les pères tendant à sous-déclarer les ruptures d'union) ».

Ils précisent pourtant que « la proportion d'enfant faisant cette expérience semble stagner au début des années 2000 ».

Quels coûts pour les ruptures conjugales ?

Une nouvelle fois, le lecteur aura la confirmation que « les séparations et ruptures d'union affectent les conditions de vie des familles et leurs enfants ». Qu'il s'agisse du lieu de résidence ou du taux de pauvreté, rien n'est plus « comme avant » !

Ainsi, dans :
- « 71 % de cas, la résidence est exclusivement confiée à la mère ;
- 13 % de cas, la résidence est exclusivement confiée au père ;
- 16 % des cas la résidence alternée est notifiée.
Toutefois, la résidence alternée ne concerne qu'une très faible minorité de l'ensemble des enfants mineurs : seulement 2,5 % en 2004 contre environ 1,3 % en 1986 ».

En matière de risque de pauvreté des enfants vivant avec des parents séparés, des différences fortes existent selon le mode de résidence. On observe « un taux de pauvreté de :
- 38 % pour les mères hébergeantes lorsqu'elles vivent seules
- 26 % pour les pères hébergeants lorsqu'ils vivent seuls
- 16 % pour les parents « hébergeants » après une remise en couple ».

Toujours sur le plan matériel, on apprend que
- « seules 28 % des familles monoparentales avec un enfant né en 2011 sont propriétaires de leur logement, contre 63 % des parents vivant en couple
- plus de 22 % des familles monoparentales déclarent d'avoir des difficultés à payer leurs factures, contre 9 % des parents vivant en couple ».

Enfin, on ne sera pas surpris de lire l'importance du travail pour prévenir la pauvreté : « La pauvreté des enfants est très liée à la situation de leur(s) parent(s) sur le marché du travail, d'autant plus s'ils ont un seul parent, donc un seul « apporteur » potentiel de ressources, ou s'ils ont de nombreux frères et sœurs, augmentant d'autant les besoins de consommation relativement aux ressources disponibles ».

Quelle réponse politique apporter ? Les politiques sociales semblent s'essouffler et peiner à compenser durablement les effets des situations décrites ici. N'est-il pas temps de relancer de véritables politiques préventives ? C'est un des objectifs majeurs de la politique familiale, une source de sa lisibilité aussi alors que les familles ont besoin de confiance.

S’aimer, c’est se marier ?

stockvault-mariage« S'aimer s'est se marier », ou « se marier, c'est s'aimer », l'expression « marche » dans les deux sens et révèle ce que pense la majorité des couples qui s'engage dans le mariage. En effet 87 % de ceux qui se marient affirment considérer cet engagement comme une « belle preuve d'amour »,

d'après un sondage organisé par le Grand salon du mariage qui se tiendra fin septembre. C'est également le fruit d'un choix libre et, pour 42 % d'entre eux, une étape préalable fondatrice de la famille.

Ce sondage manifeste que « le choix de fonder une famille est un choix personnel qui a une portée publique » et que « le mariage est porteur de valeurs fondatrices – fidélité, respect mutuel, partage des tâches, solidarité... – qui éclairent la portée personnelle, familiale et sociale de cet engagement. » (Extrait du Vade-mecum AFC Sortir des coûts du non-mariage)

Pour beaucoup, le mariage reste donc « la plus belle des promesses ».

Ce constat doit encourager à mettre toujours davantage en œuvre des moyens propres à le comprendre dans l'intégralité de son ambition ; cette promesse est conçue par certains comme étant de nature privée, notamment parce qu'elle est vécue comme l'écrin du sentiment que les conjoints ont l'un pour l'autre. Pour d'autres, le mariage est la conclusion nécessaire de l'arrivée d'un enfant. Pour d'autres, encore, il est un contrat protecteur, la meilleure garantie d'un divorce réussi...

Ces visions sont réductrices. Elles témoignent d'une méconnaissance de toute la richesse du mariage, richesse que l'on peut aborder à partir de sa définition légale. Cette méconnaissance va de pair avec un manque de lisibilité de la portée institutionnelle du mariage. Ce dernier a perdu pour une part son sens d'engagement public à cause, en particulier, d'évolutions juridiques qui ont dilué la spécificité du mariage par rapport aux autres formes d'union.

On constate, en même temps, une certaine prise de conscience que les situations de rupture et l'instabilité familiale font peser des coûts de nature très diverse (sociaux, économiques, psychologiques...), autant sur les personnes concernées (adultes et enfants) que sur la société. Le Législateur, en ouvrant l'accès à l'assistance médicale à la procréation à tous les couples, composés d'un homme et d'une femme, sans condition de durée, de stabilité..., donne l'impression de ne plus croire au fait que le mariage soit le meilleur cadre pour accueillir un enfant.

Lecture : Et si on se mariait ?

livre siOnSeMariaitAvec cet ouvrage, sous-titré « Comment savoir si on est prêt », le Père Cédric Burgun et Bénédicte Lucereau se fixent pour objectif « d'interroger clairement une notion clé de l'engagement : la capacité. Suis-je capable de me marier ? Il sera donc un éclairage pour anticiper les difficultés éventuelles, ou réfléchir lorsqu'elles se présentent ». 

De fait, l'ouvrage pourra intéresser aussi des couples déjà mariés. Mais c'est surtout à ceux qui s'y préparent, ou à ceux qui les accompagnent, que les auteurs, l'un canoniste, l'autre thérapeute de couple, s'adressent, forts de leur expérience sur la matière, et à ceux qui se préparent au mariage religieux en particulier. 

Si la dimension civile de « la plus belle des promesses » est peu abordée, le lecteur peut y trouver des éclairages anthropologiques stimulants que l'on pourrait imaginer prolonger, par exemple sur la question de l'identification de l'autre, à partir de La Boutique de l'Orfèvre.

 

Manifestation européenne le 2 février

Des projets de loi sont annoncés qui concernent la vie des familles, mais leur contenu et les modalités du débat ne sont pas encore connus. La Manif pour tous appelle à manifester dans  Paris, Lyon et dans différentes villes européennes le 2 février prochain.

Retrouvez toutes les informations pratiques  sur leur site.

Les AFC mènent un travail de fond sur chacun de ces projets et elles poursuivent leurs actions de veille et de mobilisation sur chacun de ces dossiers pour faire entendre la voix des familles dans la société.

Il reste urgent de consacrer du temps aux actions éducatives, au militantisme de proximité, au travail de terrain et à l’engagement politique quotidien, notamment en vue des prochaines échéances électorales, nationales et européennes.

Nous devons pouvoir être écoutés par les candidats, alimenter le dialogue sur la place de la famille dans les programmes, et sensibiliser les électeurs aux enjeux qui les concernent, pour qu’ils puissent dire dans quelle société ils veulent vivre, eux-mêmes et leurs enfants.

Mariage, PACS : une nouvelle donne ?

Les mariages entre personnes de même sexe ont représenté 4 % des mariages de l’année, avec un pic de 1 500 unions célébrées en septembre. Ce chiffre, perçu comme élevé, n’enraye pas la baisse du nombre global de mariages qui, après une courte embellie en 2012 (245 930 contre 236 826 en 2011), diminue à nouveau avec 238 000 mariages célébrés en 2013.

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Divorce et non-mariage incitent à se marier en séparant ses biens

Une étude de l’INSEE parue en janvier 2014, Plus ou moins mariés : l’évolution du mariage et des régimes matrimoniaux en France, révèle une augmentation significative – 64% –  du nombre de couples mariés selon le régime de séparation de biens, entre 1992 (6,1%) et 2010 (10%).

Outre le profil social et culturel de ces couples que relève l’étude, il est particulièrement intéressant  de constater que « l’histoire matrimoniale des conjoints mariés en  séparation de biens est plus « mouvementée »  que celle les couples mariés en communauté :  pour près de 40 % de ceux‑ci, un des deux  conjoints a déjà été marié, alors que 20 % des  couples mariés en communauté sont dans une  situation similaire, en 1992 comme en 2010. »

L’étude note également que « en choisissant la séparation de biens, les mariés s’assurent de disposer, en cas de divorce, de l’ensemble des biens qu’ils ont acquis au cours de leur vie. Ce choix a néanmoins un coût monétaire car il nécessite la rédaction d’un contrat que seul un notaire peut établir. De plus, il peut entraîner un coût psychologique, car il force les conjoints à envisager la possibilité du divorce à un moment de construction du ménage ».

Le choix croissant des couples de se marier sous le régime de la séparation des biens illustre, de fait, la prégnance du "non-mariage". Il devient clairement un "possible" pour ces couples mariés, leur mariage s'en trouvant sans nul doute d'autant fragilisé, de l'intérieur et dès le départ, et ce d'autant plus que les couples qui choisissent ce type de régime sont en général issus eux-mêmes de séparations et « vie sentimentale mouvementée ».

Ces données soulignent l’importance de revaloriser le mariage civil, notamment en développant davantage sa préparation. Le mariage civil d’un homme et d’une femme repose en effet sur un cadre légal qui exprime les trois dimensions de la vie conjugale : engagement mutuel, accueil et éducation des enfants, solidarité familiale et sociale.
Dans ce contexte, la récente proposition de simplifier la procédure de divorce par simple consentement mutuel devant notaire ou greffier affaiblis considérablement la dimension institutionnelle du mariage en banalisant le divorce.

Actualité La Croix