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Divorce sans juge, quelles suites ?

Fotolia 99743619 XSMoins d’un mois après le dépôt en toute discrétion d’un amendement en commission pour réformer le divorce par consentement mutuel, et quelques jours après la fin des débats sur le sujet, l’Assemblée Nationale a adopté, mardi 24 mai, le projet de loi « Justice au XXIe siècle ». L’enjeu de ce texte ne nous a pas échappé et nous avons agi dès le 6 mai avec rapidité et fermeté, auprès de vous d’abord, mais aussi dans les médias avec plus de 60 reprises presse de l'action des AFC à ce jour, auprès des ministères – Famille, Justice – et des parlementaires.

Merci et bravo à tous ceux qui ont apporté leur voix aux plusieurs milliers de soutiens enregistrés en quelques heures sur notre pétition, demandant le retrait de cet amendement, et communiquée aux députés et responsables politiques. Continuez à la faire signer autour de vous !

Merci et bravo à ceux qui, en nombre et sans délai, ont pris contact avec leurs députés pour leur dire nos convictions. Entretenez et poursuivez ces relations avec vos élus ! 2017 approche à grands pas…

Non, le mariage n’est pas un simple contrat qui se défait devant notaire. Le mariage est un engagement solennel qui nous engage vis à vis des autres, et ses conséquences sont importantes pour la société ! Par voie de conséquence, le divorce n’est pas un acte dont le seul enjeu serait le coût !

Le processus législatif va se poursuivre, avec la réunion de la Commission Mixte Paritaire puis un nouveau passage devant les Assemblées. L’action des AFC elle aussi continue, combinée à celle de l’UNAF et de nombreux acteurs de la société civile, en particulier du monde judiciaire. Nous sommes très nombreux à croire au mariage, convaincus que tout ce qui facilite le divorce affaiblit la famille. Continuons à faire entendre nos voix !

Signez la pétition « Non au divorce sans juge » !

divorce sans jugeCommuniqué de presse

Sur proposition du Gouvernement, un amendement au projet de loi « Justice au 21e siècle » vient d’être adopté par la commission des lois de l’Assemblée Nationale. Celui-ci prévoit, en cas de divorce par consentement mutuel, la suppression du recours au juge et le simple enregistrement par un notaire, afin de désengorger la justice et réduire le coût lié à cette séparation.

Comme à chaque fois que cette réforme a été proposée, les AFC, solidaires de la position de l’UNAF, se sont fermement opposées à un dispositif qui, en facilitant le divorce, affaiblirait le mariage et la famille.

Le mariage n’est pas un simple contrat qui se défait devant un notaire. Le mariage est un acte solennel et public devant la société ! Par voie de conséquence, le divorce n’est alors pas un acte banal dont le seul enjeu serait de réduire le coût !

Aujourd’hui le juge prononce le divorce s’il a la conviction que le consentement de chacun des époux est réel, libre et éclairé. Il est attentif à l’intérêt supérieur des enfants. Remplacer cette procédure par le simple enregistrement par un notaire de la convention passée entre les époux est une régression dangereuse !

Le texte sera examiné en séance à l’Assemblée Nationale à partir du mardi 17 mai, dans une semaine !

Les AFC invitent tous ceux qui croient que quand la famille est forte, la France va mieux, à ajouter leur voix aux plusieurs milliers de soutiens enregistrés en quelques heures sur la pétition Non au divorce sans juge, demandant le retrait de cet amendement et communiquée aux députés et responsables politiques.

Je signe la pétition !

Non au divorce sans juge !

divorce enfant

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« Amoris Laetitia »

amoris laetitia couvLe pape François nous invite à la joie de l’amour et de la famille !

Le pape François a conclu les deux sessions du synode des évêques sur la famille qu’il avait convoquées en octobre 2014 et octobre 2015 par son exhortation apostolique La joie de l’amour rendue publique le 8 avril 2016.

La joie débordante et communicative de l'amour

Notons d’abord la présence du mot « joie » dans le titre en français de cette deuxième exhortation apostolique du pape François, tout comme dans celui de sa première exhortation apostolique La joie de l’Évangile. Mais le même mot français « joie » traduit deux mots latins différents : gaudium, c’est-à-dire joie intérieure, intime, pour « Evangelii Gaudium » et laetitia, c’est-à-dire allégresse, joie débordante et communicative pour « Amoris Laetitia ».

Cette joie débordante de l’amour est le thème de l’hymne au mariage et à la famille que nous offre ici le pape François.

Des situations réelles et des conseils pratiques

Le pape décrit en termes forts la beauté et la fécondité de l’amour de l’homme et de la femme, et soucieux de « garder les pieds sur terre » (6), il prend en considération la situation réelle des familles et toutes leurs difficultés matérielles, psychologiques et spirituelles. Le pape n’hésite pas, en pasteur, à prodiguer des conseils très pratiques aux couples pour entretenir leur amour et pour élever leurs enfants.

Une doctrine comme un idéal auquel il ne faut pas renoncer

Le pape François, en citant le concile, les grands textes de ses prédécesseurs, Humanae Vitae de Paul VI, Familiaris Consortio de Jean-Paul II, le Catéchisme de l’Église Catholique… réaffirme la doctrine constante de l’Église sur le mariage et il tient à rappeler « que d’aucune manière l’Église ne doit renoncer à proposer l’idéal complet du mariage, le projet de Dieu dans toute sa grandeur » (307).

Discerner plutôt que généraliser

Dans le huitième chapitre « Accompagner, discerner et intégrer la fragilité » le pape revient sur les situations dites « irrégulières » qui avaient longuement mobilisé les deux sessions du synode. Devant « l’innombrable diversité des situations concrètes », le pape précise qu’il n’est pas possible de mettre en place « une nouvelle législation générale du genre canonique, applicable à tous les cas » (300). Il revient donc au discernement des pasteurs d’appliquer concrètement la miséricorde de Dieu et l’aide de l’Église.

Au-delà des aspects pastoraux qui dépassent la mission des AFC, Amoris Laetitia est une grande réflexion sur l’amour conjugal, les identités masculine et féminine, l’éducation des enfants, la famille élargie, qu’il faut absolument lire et méditer.

Conférence sur la conjugalité avec Pascale Ide (vidéo)

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Une accusation d’adultère ne salit plus votre réputation !

 

Fotolia justiceCommuniqué de presse

Par un arrêt rendu le 17 décembre 2015, la Cour de Cassation a jugé que compte tenu de l'évolution des mœurs et des conceptions morales, on peut aujourd’hui accuser publiquement quelqu’un de tromper son conjoint sans porter atteinte à son honneur ou à sa considération.

Ainsi la personne accusée à tort d’infidélité conjugale ne pourra plus se défendre car selon notre plus haute juridiction, une telle accusation est négligeable et ne porte pas tort à celui qui en est la victime.

Les AFC tiennent à rappeler que la fidélité est toujours inscrite au Code civil parmi les devoirs et droits respectifs des époux : « Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance. » (art 212). L'imputation de manquer à ces autres devoirs ne porterait pas non plus atteinte à l’honneur et à la considération ?

La Cour de cassation a une piètre opinion du sens moral et du sens de l’honneur des Français en estimant qu’ils n’attachent plus aucun prix au respect de la parole donnée et à la fidélité. Les victimes de leur violation (le conjoint bafoué, les enfants…) n’auraient donc aucune protection à attendre de la justice.

Les AFC notent au contraire que selon une enquête récente, la fidélité figure parmi les valeurs préférées des Français.
La fidélité est un facteur important de réussite du mariage heureux et durable auquel aspirent une très grande majorité des Français.

Les AFC déplorent donc que, par cet arrêt, la haute juridiction semble, plutôt que constater l’état des mœurs, contribuer à précipiter leur évolution, au risque de favoriser tous les phénomènes d’exclusion sociale et de dégradation du vivre ensemble dont la rupture des liens familiaux est la première cause.

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¹ « Le succès trompeur des sites de rencontres extraconjugales », Le Monde, 31 décembre 2013.
Enquête menée par le laboratoire de François de Singly, professeur de sociologie à l'université Paris-Descartes.

Des pistes pour un couple durable

avancer en couple sur le même chemin

« On s’est tout de suite aimés quand on s’est rencontrés puis, le temps passant, on ne se plait plus. Donc on va divorcer. A l’amiable, parce qu’on s’entend bien ! Pour Lucas, ne t’en fais pas : on a choisi la garde alternée »...

Triste confidence d’un jeune homme à sa grand-mère, et tellement banale ! Que peut bien penser cette grand-mère, qui vient de fêter ses noces d’or ? Elle se rappelle Gustave Thibon au milieu du siècle dernier :

« Pour être pleine et féconde, l’union des époux doit reposer sur quatre choses qui, dans la vie, s’amalgament : la passion, l’amitié, le sacrifice et la prière. »


Formulée ainsi, cette recette semble un peu périmée. Pourtant, en en y réfléchissant plus profondément, elle est d’une incroyable et pertinente actualité.

La passion

L’union des époux suppose en effet une proximité et une intimité physiques – dont l’union des corps est l’expression la plus totale. Cette union nécessite un attrait physique réciproque qui amène et pousse les époux au don de ce qu’ils possèdent de plus intime. En se livrant l’un à l’autre, l’un des fruits de leur union sera leur fécondité la plus concrète : un enfant. Et ce don sera d’autant plus entier qu’il sera naturel et spontané.

L’hypersexualisation de notre environnement déforme malheureusement notre vision de cette dimension charnelle pour en faire bien souvent un unique objet de jouissance personnelle, masquant cette ouverture à l’autre et à la fécondité du couple. L’attrait physique équilibré - ni absence, ni primauté - est alors une condition nécessaire, mais pas suffisante.

L’amitié

Nietzsche prétend que tout homme, avant de se marier, devrait se poser cette question : « pourrais-je causer avec elle tous les jours de ma vie ? ».

Question que parfois la passion ou l’enthousiasme élude rapidement… Et pourtant, quel avenir pour un couple qui ne sait pas vivre ensemble, dans la confiance et l’intimité que suppose une véritable amitié ? Dans cet élan qui lie les cœurs, la fidélité, la bienveillance mais aussi l’exigence tiennent aussi toute leur place. De nombreux témoignages révèlent que la principale cause des divorces est la déception. Et rien n’est plus cruel qu’une amitié déçue.

Si la chair rapproche l’un de l’autre, c’est l’amitié qui ouvre l’un à l’autre.

Arrachement ?

Au mot de sacrifice on peut préférer celui d’arrachement. Lisant un journal américain où il était dit : « tout homme qui se marie renonce à la moitié de son indépendance », Chesterton remarquait avec humour « qu’il n’y avait qu’en Amérique qu’un tel optimisme était permis ! »

En effet l’amour implique des arrachements. Celui de partager sa vie, son indépendance, son confort pour se mettre à l’écoute et au diapason de l’autre, afin ensemble de marcher d’un même pas. Ces arrachements renvoient aussi à la responsabilité du choix de l’engagement, pour le meilleur et pour le pire. Aimer dans la durée, c’est choisir à nouveau tous les jours d’aimer, inlassablement, avec fidélité, même – et surtout ! – quand l’autre nous irrite ou qu’il semble restreindre notre liberté.

La prière

Enfin Gustave Thibon nous rappelle que « l’authentique amour conjugal accueille l’être aimé non pas comme un dieu, mais comme un don de Dieu, dans lequel Dieu agit et nous offre son amour : « sentir l’Etre sacré frémir dans l’être cher », nous dit Victor Hugo. Il y a une manière sacrée de posséder les choses qui, au lieu de tuer le désir, l’exalte et le transfigure. Comment l’amour des époux pourrait-il tarir puisqu’ils ont été créés et unis pour se donner Dieu l’un à l’autre ? »

C’est dans la prière personnelle et conjugale que le couple se cimente pour élever son âme.

Le couple uni fonde la famille

« Depuis que Lucas est né l’an dernier, nous sommes sûrs de notre amour en famille. Aussi avons-nous décidé de nous marier »

Entendus fréquemment de la bouche des héros de la journée en introduction des cérémonies de mariage – religieux ou civils–ces mots, très attendrissants, sont cependant révélateurs d’une profonde méconnaissance des réalités humaines et spirituelles du mariage.

La famille commence par le couple

Pourquoi ? Parce l’unité est la source de notre fécondité. Cette fécondité se traduit naturellement par l’accueil de l’enfant, mais bien au-delà elle prend des formes multiples : fécondité personnelle, intellectuelle, sociale, spirituelle…

Cela nous conduit à affirmer que ce n’est pas d’être bons parents qui fait de nous un bon couple, mais d’être un couple uni qui fait de nous des « bons » parents.

Certes, « lorsque l’enfant parait le cercle de famille applaudit à grands cris… », nous dit Victor Hugo, traduisant ainsi la joie réelle, humaine et légitime d’une naissance qui vient donner un sujet d’amour supplémentaire aux époux. Le risque serait de considérer l’enfant comme l’unique objet de l’amour. La singularité de l’amour conjugal est justement d’inviter au don intégral de sa personne à l’autre – corps, cœur et âme – dans un élan de générosité, de confiance et d’espérance réciproque.

Mais unité ne signifie pas uniformité.

Les couples, en se mariant, aspirent en réalité à la communion des différences. Ils y aspirent parce que cette communion vient justement transcender ces différences. Elle est aussi la clé d’une dynamique d’approfondissement, d’épanouissement et de dépassement permanents dans la vie et l’évolution du couple, de soi et de l’autre.

Ils y aspirent parce que c’est le point d’appui de l’action de chacun des époux l’un pour l’autre, pour leur famille, et plus généralement pour la société et le monde.

Et l’amour dans tout cela ?

En réalité cette dynamique de communion est déjà une dynamique d’amour - chacun grandit avec et par l’autre.

« Aimer n’est pas se regarder l’un l’autre, mais regarder ensemble dans la même direction » St Exupéry.

Parmi les différentes facettes de la vie familiale, il y a notamment celle de l’éducation. En conséquence, notre fécondité dans l’éducation doit donc moins résulter de la complémentarité homme-femme, que de l’union de l’homme et de la femme.

De même, notre fécondité dans nos engagements, nos activités... ne résulte pas d’abord d’une harmonie ou d’un plaisir qui leur seraient favorables mais de cette unité du couple.

L’enjeu est majeur. Car cette fécondité, en étant fondée sur l’union, est telle qu’elle a un extraordinaire pouvoir de conviction : « Que tous soient un (...) pour que le monde croie que tu m'as envoyé ». Jn 17 20-2. Tel est aussi le plan de Dieu. Et le premier lieu de la réalisation de ce plan, c’est le couple. Le Synode prochain ne s’y trompe d’ailleurs pas en en faisant son enjeu principal.

La conversion du monde... et donc d’abord de nos enfants, passe par la conviction et réalisation de l’unité du couple.

Actualité La Croix