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Couple

Divorce et non-mariage incitent à se marier en séparant ses biens

Une étude de l’INSEE parue en janvier 2014, Plus ou moins mariés : l’évolution du mariage et des régimes matrimoniaux en France, révèle une augmentation significative – 64% –  du nombre de couples mariés selon le régime de séparation de biens, entre 1992 (6,1%) et 2010 (10%).

Outre le profil social et culturel de ces couples que relève l’étude, il est particulièrement intéressant  de constater que « l’histoire matrimoniale des conjoints mariés en  séparation de biens est plus « mouvementée »  que celle les couples mariés en communauté :  pour près de 40 % de ceux‑ci, un des deux  conjoints a déjà été marié, alors que 20 % des  couples mariés en communauté sont dans une  situation similaire, en 1992 comme en 2010. »

L’étude note également que « en choisissant la séparation de biens, les mariés s’assurent de disposer, en cas de divorce, de l’ensemble des biens qu’ils ont acquis au cours de leur vie. Ce choix a néanmoins un coût monétaire car il nécessite la rédaction d’un contrat que seul un notaire peut établir. De plus, il peut entraîner un coût psychologique, car il force les conjoints à envisager la possibilité du divorce à un moment de construction du ménage ».

Le choix croissant des couples de se marier sous le régime de la séparation des biens illustre, de fait, la prégnance du "non-mariage". Il devient clairement un "possible" pour ces couples mariés, leur mariage s'en trouvant sans nul doute d'autant fragilisé, de l'intérieur et dès le départ, et ce d'autant plus que les couples qui choisissent ce type de régime sont en général issus eux-mêmes de séparations et « vie sentimentale mouvementée ».

Ces données soulignent l’importance de revaloriser le mariage civil, notamment en développant davantage sa préparation. Le mariage civil d’un homme et d’une femme repose en effet sur un cadre légal qui exprime les trois dimensions de la vie conjugale : engagement mutuel, accueil et éducation des enfants, solidarité familiale et sociale.
Dans ce contexte, la récente proposition de simplifier la procédure de divorce par simple consentement mutuel devant notaire ou greffier affaiblis considérablement la dimension institutionnelle du mariage en banalisant le divorce.

Simplifier le divorce, c’est affaiblir le mariage

Communiqué de presse

Un rapport qui vient d’être remis à la Chancellerie propose d’ouvrir aux greffiers la possibilité de gérer les divorces par consentement mutuel – et la suppression du recours au juge, excepté en cas de problème –  afin de désengorger la justice et réduire le coût lié à cette séparation.


Les AFC tiennent à rappeler que le divorce n’est pas un acte banal, même quand il est demandé par consentement mutuel.


Pour les AFC, une telle réforme représenterait une régression importante en matière de protection du plus faible et affaiblissant considérablement la dimension institutionnelle du mariage et en banalisant l’acte.


Le mariage, union d’un homme et d’une femme dans la durée, reposant sur leur engagement public, sert le bien commun et favorise la protection du plus faible au sein du couple. Simplifier davantage sa rupture en effaçant le formalisme du divorce affaiblirait et fragiliserait encore plus le mariage.

Les familles rassemblées à Rome

Les 26 et 27 octobre dernier, les familles du monde entier étaient réunies autour du Pape François à l’occasion d’un grand pèlerinage.

A cette occasion, le Pape s’est adressé aux familles. Répondant à la question de savoir comment « vivre la joie de la foi », il a notamment souligné la mission centrale de la famille : cellule vitale de la société, elle est une communauté de vie et d’amour. Or, « la vie souvent est pénible, souvent aussi tragique ! Nous avons entendu récemment... Travailler est pénible, chercher un travail est pénible. Et trouver du travail aujourd’hui nous demande beaucoup d’effort. Mais ce qui est le plus pénible dans la vie ce n’est pas cela : ce qui est plus pénible que toutes ces choses c’est le manque d’amour. C’est pénible de ne pas recevoir un sourire, de ne pas être accueilli. Ils sont pénibles certains silences, parfois aussi en famille, entre mari et femme, entre parents et enfants, entre frères. Sans amour, la peine devient plus pesante, insupportable. Je pense aux personnes âgées qui sont seules, aux familles qui peinent de ne pas être aidées à soutenir ceux qui, à la maison, ont besoin d’attentions spéciales et de soins ».

Parlant ensuite du mariage, il a apporté un éclairage fort autour de l’idée que les époux se marient pour s’aimer, sans savoir ce qu’ils vont vivre, mais en sachant qu’ils vont le vivre ensemble : « Celui qui se marie dans le Sacrement dit : « Je promets de te rester fidèle, dans le bonheur et dans les épreuves, dans la santé et dans la maladie, et de t’aimer tous les jours de ma vie ». Les époux, à ce moment, ne savent pas ce qui arrivera, ils ne savent pas quelles joies et quelles peines les attendent. Ils partent, comme Abraham, ils se mettent en route ensemble. Et c’est cela le mariage ! Partir et marcher ensemble, main dans la main, s’en remettant entre les mains du Seigneur. Main dans la main, toujours et pour toute la vie ! Et ne pas prêter attention à cette culture du provisoire, qui morcèle notre vie ! ».

Les enfants au cœur des recompositions familiales

L’INSEE vient de publier de nouveaux chiffres (http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1470 ) éclairant la situation des enfants vivant dans des familles recomposées. Le tableau est contrasté et apporte aussi des informations importantes sur ce que vivent tous les autres enfants :

  • « 13,7 millions d’enfants âgés de moins de 18 ans vivent en famille en France métropolitaine »
  • « parmi eux, sept sur dix vivent dans une famille avec leurs deux parents »
  •  les autres vivent dans un foyer monoparental (18 %), avec un seul parent donc, ou dans une famille recomposée (11 %)
  • « 1,5 million d’enfants mineurs résident dans 720 000 familles recomposées (encadré 1). Près de la moitié d’entre eux vit dans un logement où cohabitent des enfants que la femme a eus d’une union précédente et les enfants communs au couple »
  • « parmi les enfants en famille recomposée, 530 000, soit un peu plus d’un tiers, sont issus de l’union actuelle : ils vivent alors avec des demi-frères ou demi-sœurs. Les 940 000 autres vivent principalement avec un seul de leur parent et un beau-parent ».

Au final, ce sont donc près de 75 % des enfants qui vivent avec leur père et leur mère, certains étant le fruit d’une nouvelle union.

Autres chiffres frappants :

  • « parmi les enfants qui résident avec un beau-parent, 740 000 vivent avec leur mère et 200 000 avec leur père » et « 7 enfants sur 10 avec un beau-parent ne logent pas régulièrement chez leur autre parent »
  • la part des enfants vivant dans une famille recomposer « tend toutefois à augmenter avec l’âge des enfants : de 8 % chez les moins de 4 ans à 12 % parmi les 15-17 ans, le taux culminant à 13 % chez les 11-14 ans », signe de la fragilité accrue des unions avec le temps.

Tout en indiquant avec précision que, dans l’ensemble des familles, celles qualifiées de « traditionnelles » restent bel et bien majoritaires, toutes ces informations confirment l’ampleur des coûts du non mariage, à commencer par les enfants et signalent l’urgence d’actions préventives et de soutien aux couples et aux pères et mères dans leur rôle de premiers et principaux éducateurs de leurs enfants. Le projet de loi « Famille » en sera-t-il l’occasion ?

Couples, pensez aussi à vous…

Parce que la famille est la « première éducatrice à la paix » (Benoît XVI), parce que notre vie de famille est souvent occupée par un quotidien envahissant, le couple, dont l’engagement est au fondement de la famille, a besoin d’être soutenu. Et l'on sait combien l'importance de la relation entre époux au sein du couple a été mise en avant par les enseignements de Jean-Paul II.
C’est au couple, à ce dont il a besoin pour s’épanouir, à ce qui peut l’en empêcher… que ce dossier de La Vie des AFC est consacré. Sur ces bases, vous trouverez dans les pages qui suivent des pistes de réflexion et quelques propositions pour faire grandir la communion au sein de votre couple !

Mise à jour de janvier 2015

Les parcours ELLE&LUI mentionnés dans le Dossier pdf en bas de page ont changé de nom, et s'appellent désormais les parcours Alpha Couple.

Renseignements sur http://www.couple.parcoursalpha.fr/

Découvrez également le nouvel ouvrage « Un couple pour la vie, c'est possible » par Nicky et Sila Lee.

livre-alpha-couple

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Pour la liberté de conscience des maires

La « rupture de civilisation » induite par la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe est « consommée ».
Sa mise en application, observée avec minutie, illustre parfaitement les conséquences concrètes de ce texte :

  • sur le sens commun du mariage : il y a bel et bien rupture de sens par rapport à ce dans quoi la plupart de nos concitoyens se sont engagés ou aspirent à s’engager. Faute de référence commune, chacun ne pourra qu’avoir sa propre définition, nous allons vers « le mariage à la manière de chacun »
  • sur la responsabilité que prend la société à l’égard des enfants, notamment en matière d’adoption quand certains pays refusent déjà que « leurs » enfants soient adoptés dans des pays où le mariage entre personnes de même sexe a été légalisé


Ces conséquences concrètes appuient le refus de certains édiles de célébrer ces unions qu’ils jugent illégitimes. Il avait été question, un temps, d’appliquer la loi en reconnaissant la liberté de conscience de ceux qui seraient amenés à la mettre en œuvre.

Cet engagement a fait long feu. Aujourd’hui, que constate-t-on ? Les officiers d’état civil qui voudraient exercer ce droit se voient pratiquement empêchés de le faire. Pourquoi ? Les pouvoirs publics jouent liberté contre liberté, celle du « mariage » contre celle de la conscience d’élus. Ceux-ci se sont engagés au service de leurs concitoyens dans un certain état du droit. La loi « Taubira » le modifie très substantiellement en matière de mariage. Pourquoi les maires et leurs adjoints seraient-ils contraints de célébrer ces mariages ? Les AFC demandent que leur liberté de conscience soit garantie.

Un tour de France pour s’engager en politique

Communiqué de presse

A droite comme à gauche, l’engagement politique pour tous, au service de la personne humaine, c’est maintenant !

Derrière la nébuleuse de La Manif pour Tous, une foule immense, à rendre jaloux tous les manifestants des trente dernières années, s’est retrouvée dans la rue jusqu’au bout du processus législatif. Que l’on soit d’accord ou non sur le fond, sa densité, sa diversité et son abnégation ont bouleversé les repères politiques habituels. Par leur mode d’action, les opposants à ce projet de loi ont créé une rupture dans le train-train de la République, replaçant au cœur du débat la question anthropologique et la personne humaine. Une conscience collective s’est forgée chez des personnes peu habituées aux estrades et aux meetings, avec un slogan : « on ne lâche rien », un « ONLR » devenu un acronyme identitaire d’une génération texto.

Alors pourquoi une telle ardeur à ne plus rien « lâcher » ? Au-delà des questions liées au mariage civil, il s’agit de faire vivre le « patrimoine humain » avec ses limites et ses fragilités, dans un humanisme qui ne saurait se laisser dominer par le fantasme prométhéen d’une liberté absolue et solitaire, par la froide efficacité des techno-sciences et des intérêts financiers qui les soutiennent…

Ce mouvement appelle un deuxième acte ; une nécessaire recomposition pour promouvoir - auprès des pouvoirs publics, dans des associations ou au sein des différents partis politiques - une certaine idée de l’homme : une « humanité durable », une « écologie humaine » ou « une société du lien », autant d’expressions qui valorisent la proximité avec toute personne humaine, à commencer par le plus faible.

Cette double implication dans la démocratie participative (via les associations) et représentative (dans les partis) est nécessaire. Elle élargit les préoccupations éthiques en les intégrant aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Elle permet de s’inscrire d’avantage dans le concret de notre « vivre-ensemble », anticipant les débats à venir, maîtrisant davantage les échéances pour formuler des propositions positives. De telles actions politiques assurent la vitalité de notre démocratie ; le désengagement et le repli sur soi ne peuvent que faire le lit du populisme.

Ne nous y trompons pas : en investissant fortement et pacifiquement l’espace public, notre génération ne constitue pas une menace, mais offre au contraire un appel d’air pour la démocratie et pour notre société. C’est pour susciter et accompagner ces engagements, en organisant un débat solide et apaisé entre des acteurs politiques et associatifs de différentes sensibilités, que nous vous invitons à participer à ce Tour de France tourné vers la réflexion sur le désir d’engagement politique, ouvrant sur des possibilités d’action collectives concrètes.

A droite comme à gauche, l’engagement politique pour tous, au service de la personne humaine, c’est maintenant ! Premier rendez-vous à Caen le 17 juin…

RDV le 17 juin à 20h, Maison des Associations - 7bis, rue Neuve Bourg l'Abbé.

 
Antoine Renard, président des Associations Familiales Catholiques
Philippe de Roux, co-fondateur des Poissons Roses

 

 

Rupture familiale : la place des pères en question

Une nouvelle étude de l’INED vient confirmer de façon saisissante certaines conséquences des ruptures conjugales.

Loin des discours sur le caractère paisible de ces dernières, il apparaît ainsi clairement que « lorsque les parents sont séparés, une partie des enfants ne voit plus que rarement leur père, et certains même pas du tout ». Cette situation apparaît d’autant plus problématique, souligne l’auteur, que « le développement de la monoparentalité a conduit à s’intéresser à ses conséquences sur les enfants à l’adolescence ou une fois adultes ».

Que montre l’étude des coûts du non-mariage ? « Bon nombre d’études se sont attachées à démontrer l’effet positif sur le développement social, cognitif et émotif de l’enfant du maintien de l’engagement du père après la séparation ». Cela n’empêche pas que l’absence de rencontre entre les deux reste fréquente. Bien plus, le temps passant, la présence paternelle s’estompe et avec elle la figure du père : « L’absence de rencontre concerne près d’un enfant mineur sur 10, proposition qui atteint 19 % si l’enfant a entre 19 et 21 ans et 32 % s’il a entre 30 et 34 ans. Au total, pour 18 % des enfants (de 0 à 34 ans) de parents séparés, le père dit ne jamais les voir ». On apprend aussi que « plus l’enfant était jeune [au moment de la rupture], moins il voit son père ensuite : plus d’un enfant sur quatre parmi ceux qui avaient moins de 3 ans au moment de la séparation ne rencontre pas son père, contre un sur sept parmi ceux qui avaient au moins 8 ans ».

Le décrochage à 18 ans s’explique sans aucun doute par des raisons d’ordre juridique : « Ainsi, il se pourrait que certains enfants ne souhaitent plus voir leur père mais aussi, dans certains cas, que le père estime que son rôle de parent s’arrête à la majorité de l’enfant et ne fasse plus d’effort pour maintenir les liens ». De telles hypothèses mériteraient évidemment d’être approfondies. Il faut tenir compte aussi de l’éloignement, du fait que la situation conjugale du père a pu évoluer. Interviennent aussi les niveaux de diplôme, de revenu : la probabilité pour un enfant de ne pas voir son père « est d’autant plus forte que le père est peu diplômé ou occupe une position professionnelle peu stable ». Le constat suivant lequel « les relations qu’entretient un enfant avec son père sont aussi fortement liées aux rapports que ce dernier entretient lui-même avec son propre père… » achève une analyse préoccupante qu’atténue à peine la conclusion sur l’évolution des comportements et la conviction de l’auteur suivant laquelle « l’idée selon laquelle le couple parental doit survivre au couple conjugal s’impose aujourd’hui ».

Pour les AFC, ces chiffres, ces illustrations des conséquences des ruptures conjugales, montrent qu’il est plus que temps de se préoccuper de mesures préventives et de nature à valoriser la stabilité des couples et des familles dont on voit, en creux, les atouts et les ressources qu’elle représente pour la société et à soutenir les pères et les mères dans leur rôle de premiers et principaux éducateurs de leurs enfants ?

Actualités des familles La Croix