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Dépendances et nouvelles solidarités

Deux petits pas sur le sable mouillé

L'histoire commence sur une plage, quand Anne - Dauphine remarque que sa petite fille marche d'un pas un peu hésitant,son pied pointant vers l'extérieur.
Après une série d'examens, les médecins découvrent que Thaïs est atteinte d'une maladie génétique orpheline. Elle vient de fêter ses deux ans et il ne lui reste que quelques mois à vivre. Alors l'auteur fait une promesse à sa fille : "tu vas avoir une belle vie. Pas une vie comme les autres petites filles, mais une vie dont tu pourras être fière. Et où tu ne manqueras jamais d'amour."
Ce livre raconte l'histoire de cette promesse et la beauté de cet amour. Tout ce qu'un couple, une famille, des amis, une nounou sont capables de mobiliser et de donner. Il faut ajouter de la vie aux jours, lorsqu'on ne peut pas ajouter de jours à la vie.

Anne-dauphine Julliard
17€ - Arenes Editions - 230 pages





Grande cause nationale : Quête pour la Mère et l'Enfant

La fête des mères 2011 sera une nouvelle occasion de se mobiliser en faveur des mères en difficultés.

Cette année encore les AFC se mobilisent pour aider les associations qui apportent une aide concrète en faveur de la vie.
La quête pour la mère et l'enfant, sous l'égide de l'Union Nationale des Associations Familiales Catholiques (UNAF) et des Unions Départementales des Associations Familiales (UDAF), aura lieu le dimanche 29 mai 2011.

Comme chaque année les dons sont reversés à des associations qui aident les femmes et les enfants en difficulté : par exemple la fédération des Maisons Tom Pouce, l'OCH, Mère de Miséricorde, les Maisons de Bethléem, Magnificat Accueillir la Vie, etc.

Pour les AFC, se mobiliser pour la quête pour la mère et l'enfant, c'est une façon de participer concrètement à la Journée Nationale pour la Vie instituée par Jean-Paul II et fixée en France le jour de la Fête des Mères.

« Que soit célébrée tous les ans dans les différents pays une Journée pour la Vie (...). Son but fondamental est de susciter dans les consciences, dans les familles, dans l'Église et dans la société civile la reconnaissance du sens et de la valeur de la vie humaine à toutes ses étapes et dans toutes ses conditions ».

Extrait de l'Évangile de la Vie, Jean-Paul II, 1995.

Cette Quête revêt cette année une importance particulière : elle vise à offrir une place à des mamans, à leurs enfants, thème décliné spécialement tout au long du mois de mai dans le cadre de la Grande cause nationale 2011 « Lutte contre la solitude », à laquelle les AFC sont associées.

Dépendance - Rencontre avec Laurent de Cherisey

Après la création de plusieurs entreprises, Laurent de Cherisey a lancé l’association Simon de Cyrène en faveur des personnes ayant une lésion cérébrale. Il est également l’auteur des livres Passeurs d’espoir et Le grain de sable et la perle (Presses de la Renaissance, mai 2011).

1/ Votre livre ‘le grain de sable et la perle »paraît pendant le débat national sur la dépendance, quels en sont les enjeux ?
Aujourd'hui, la société doit faire face à une nouvelle situation : 10 000 nouvelles personnes par an réchappent d'un accident grâce à la médecine d'urgence, mais restent gravement handicapées, alors qu'autrefois elles décédaient. Cette situation est la conséquence d'une vie où tout doit toujoursaller plus vite (vitesse, stress, etc...).
Quand ces personnes se réveillent, elles ne sont plus capables d'être efficaces et rentables comme notre société l'exige.
Devant leur incapacité à redevenir comme avant, certaines crient leur désespoir à leur entourage : « Pourquoi m'as-tu laissé en vie ? ». Ils se retrouvent entre 20 et 40 ans dans une grande dépendance, or il y a un manque de place dans les structures spécialisées et 95% d'entre eux, disent ne pas vouloir rester dans une structure médico-sociale. Cette nouvelle situation pose la question du sens de la vie quand on devient dépendant.

La première réponse part d'une interrogation : quel modèle de société veut-on ? Est-ce que l'on veut développer une société où l'on puisse vivre ensemble et favoriser tout ce qui crée de la relation et du sens (comme la fête des voisins par exemple) ?
C'est un défi aujourd'hui où tout est régi par des normes. La phobie du risque tue la liberté. Dans toute relation il y a un risque, mais c'est la condition pour le jaillissement de la vie.

2/ Qu'est-ce que les situations évoquées dans votre livre ont de spécifiques ?
Il s'agit de personnes jeunes pour la plupart qui sont devenues handicapées subitement, suite à un accident. Elles ont le plus souvent un désir de retrouver une certaine autonomie et leur souhait le plus cher est de revenir dans la vie et d'en être acteur sans être contraint à la solitude que génère trop souvent le handicap.

3/ Quel est le rôle des familles ?
Le rôle des familles mais aussi des amis est fondateur pour aider la personne dans son combat pour reconstruire sa vie et lui redonner du sens. Nous développons des groupes d'amis « les compagnons Simon de Cyrène » pour favoriser cette amitié gratuite...

4/ Comment est né la première communauté Simon de Cyrène à Vanves ?
Nous nous sommes appuyés sur la loi de 2005 sur le handicap qui stipule que chaque personne handicapée doit pouvoir choisir son projet de vie.
Hors cette loi est très dure à mettre en place et très coûteuse à cause de la « tyrannie des normes ». C'est un combat titanesque.
Simon de Cyrène propose à des personnes handicapées de s'installer dans des studios indépendants au sein de grands appartements partagés. Elles sont ainsi chez elles, tout en partageant la vie d'autres personnes. C'est ce que l'on peut appeler un habitat communautaire.
Cela répond à la solitude en évitant la contrainte du collectif. C'est leur parole qui nous a convaincu de l'importance d'un projet communautaire fondé sur la relation : « Depuis
que je suis handicapé je suis seul et les seules personnes qui viennent me voir sont payées pour ça ». La maison est également occupée par un couple d'hôtes et des assistants volontaires qui résident sur place. A Vanves, la providence a permis qu'il y ait un grand jardin... comme une réponse à la demande de François, handicapé suite à un accident de sport : « On veut être près du métro pour que nos amis puissent venir nous voir mais on voudrait bien un jardin... ».
L'aventure de Simon de Cyrène est un signe pour notre société post moderne fondée sur l'efficacité, la performance, la rentabilité. La personne handicapée nous aide à redécouvrir que notre « être » se construit avant tout dans la relation à l'autre. Lorsque les personnes fragiles sont au coeur de notre société, elles nous invitent à redécouvrir ce « mode d'emploi du bonheur » : la relation gratuite et fraternelle. Nous osons construire un espace qui nous rappelle que notre vie ne vaut pas que par la rentabilité. Cela est possible en invitant les plus fragiles au coeur de notre vie et non en les éloignant, dans des centres spécialisés.

5/ Vous-même qu'avez-vous appris depuis le lancement de Simon de Cyrène ?
J'ai appris à être patient. Dans mes créations d'entreprises précédentes, j'étais toujours habitué à l'efficacité etla vitesse. Au départ, je pensais à un engagement de 2 ans... et cela fait 6 ans à plein temps ! En se mettant au rythme des personnes handicapées, on apprend à « être », dans la gratuité. En regardant les personnes handicapées qui osent fonder ce projet, jour après jour, je suis bouleversé. Elles ont une foi en la vie extraordinaire. Elles appellent beaucoup de personnes à redécouvrir la relation et le « mode d'emploi du bonheur » : amis, voisins...un tel projet irrigue la vie du quartier, de la paroisse ; il fait battre le coeur de notre société.

6/ En quoi la situation des personnes dépendantes illustre-t-elle la nécessité de lutter contre la solitude ?
Une des plus grandes souffrances des personnes dépendantes est la solitude. Mais à l'association Simon de Cyrène, la relation n'est pas unilatérale. Il n'y a pas
de relation « aidant-aidé », mais tous reçoivent et partagent. Les bénévoles trouvent également un sens profond à leur existence en étant eux-mêmes.
L'association Simon de Cyrène recrute des assistants salariés pour sa communauté de Vanves... mais aussi des jeunes volontaires services civiques (une année d'engagement)


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