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Vie affective et sexuelle

Hugo et Lucie, le cours de la vie 2

hugo et lucie

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Comment parler d’éducation affective et sexuelle avec nos enfants ?

On entend souvent dans le milieu catholique qu’il faut parler de la « beauté » du corps, de la sexualité etc....petits maries

Pour l’enfant, les choses « sont » et c’est tout. C’est un long cheminement que d’apprendre à dire par soi-même que ce qui se présente à nous est beau. Laissons les enfants faire eux-mêmes ce chemin jusqu’à l’émerveillement. Nous avons surtout à parler à leur intelligence pour que les choses prennent sens en profondeur.

Pour les plus petits, un vocabulaire mixte sera utile : le mot « scientifique » et un mot poétique synonyme accolé. « Les spermatozoïdes ou cellules de vie du papa », le « vagin ou couloir de la vie de la maman » Selon la maturité, il accrochera avec un mot ou avec l’autre.

Evitons les mots bébés voire bébêtes ! Evitons aussi de dire les choses de façon crue ou massive pour nous débarrasser de cette corvée ! Cela ne fera pas sens et sera étrange et inquiétant pour l’enfant.

Si l’enfant repose des questions sur des sujets déjà expliqués, c’est qu’il n’avait pas la maturité pour les intégrer. Il faut redire simplement et patiemment.

Si l’enfant change de sujet quand vous vous êtes lancé (« Et qu’est-ce qu’on mange au diner ? »), c’est qu’il en a entendu assez pour ce qu’il était prêt à recevoir. Inutile d’insister.

Pour les enfants, les choses feront sens si elles sont une parole adressée à l’enfant en particulier et non à la cantonade de la fratrie. Les choses ne sont entendues, comprises que si l’enfant a une vision sexuée de son propre corps.

Chacun de nos enfants, mêmes proches par l’âge, atteint cette maturité à un âge différent. Il faut y repenser pour chacun et remettre l’ouvrage sur le métier...
Penser aussi à les protéger en étant attentifs aux écrans (chez nous, ailleurs, ordis et téléphones, contrôles parentaux et mots de passe, ordis dans pièce commune...), aux lectures, aux relations.... sans crispation mais en prenant grand soin.

Pour les plus grands : les discussions avec les aînés seront profitables aux plus jeunes qui écoutent mine de rien autour de la table familiale !

Les 3 âges

Nous pouvons schématiquement repérer trois âges pour notre « travail » de parents et ainsi avoir des points de repère éducatifs :
- Enfance (7-11 ans) : Comprendre les mystères de la vie dans une anthropologie intégrale (JPII) et préparer à la puberté.
- Adolescence (âge collège) : Résoudre les questions morales dans une perspective d’unité de vie. Connaitre la physiologie de chacun.
- Jeunes (âge lycée, grands jeunes) : Apprendre à identifier « l’autre dont le moi serait le mien ». Préparer à l’amour sponsal.

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Où parler d’éducation affective et sexuelle avec nos enfants ?

Nous vivons dans une époque désincarnée dans laquelle le sens chrétien du corps s’est effacé.
Essayons de décrypter ce qui a cours aujourd’hui, puis de regarder ensuite ce que nous dit la Révélation.

Aujourd’hui, le corps est le lieu de mon plaisir.

Le corps est sommé de me procurer du plaisir, de me montrer à l’admiration d’autrui, « Parce que je le vaux bien ! » de donner à voir une image de moi qui me valorise mais non pas ce que je suis. Nous sommes dans une époque qui se déshabille mais qui ne se dévoile pas ! (« Tous à poil ! »)

On dira facilement « j’ai un corps », « mon corps m’appartient », comme s’il s’agissait d’une possession matérielle. Je dois pouvoir tout choisir et donc modeler mon corps et mon image par la mode, la chirurgie esthétique, les écrans (mon « profil »), le sport, les remises en forme de toutes sortes. A contrario, on cache le corps malade, vieillissant, handicapé, souffrant, mort. Rappelez-vous le 2 avril 2005 et les mois qui ont précédé : la maladie de plus en plus invalidante puis la mort de Jean Paul II. Nous avons vécu une chose incroyable pour notre époque : la maladie et la mort quasi publique de notre Pape tout à fait à rebours de nos critères occidentaux.

Notre époque porte un regard que l’on peut qualifier de néoplatonicien sur le corps.
Le néoplatonisme se développe au 3ème siècle sous l’influence de Plotin comme chef de file. Ce courant voit le corps comme « la prison de l’âme ». Le monde sensible, la matière, le corps est le dernier degré de développement.
Pour Plotin, la matière est identifiée au mal. L’homme doit accorder à son âme toute l’attention, au détriment même de son corps. Nous voyons que nous sommes dans cette même dualité, mais en miroir.

Que nous dit la Révélation ?

L’incarnation du Christ est l’événement central de l’histoire humaine. L’Ecriture nous dit « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ».

Le Christ ne « prend » pas un corps, comme il aurait pu prendre un objet, se munir d’une monture-corps, mais il se « fait chair ».

Saint Paul est au carrefour de deux cultures : la culture grecque et la culture juive. C’est un juif hellénisé qui intègre deux modèles anthropologiques concurrents : le modèle grec qui pense l’homme à partir des catégories classiques : corps, cœur, raison et le modèle biblique pour qui l’homme se définit par un principe de vie (nephesh ou âme) uni à la chair et au sang. Il parlera le plus souvent de l’homme en tant que « chair » et « esprit ». (Mais il ne confond pas la chair (sarx) et le corps (soma).)

L’anthropologie chrétienne a toujours enseigné l’existence d’une grande unité entre toutes ces catégories qui aident à comprendre la personne humaine.
Mais la réflexion sur les « catégories » alimente beaucoup plus les débats que la réflexion sur « l’unité » elle-même, au détriment de cette dernière. Nous devons insister beaucoup sur cette unité de la personne humaine. Nous devrions dire « je suis un corps, je suis un cœur, je suis une âme » pour mettre l’accent sur l’unité de toute notre personne.
Avec JPII et la théologie du corps, nous découvrons la vocation sponsale* de toute la personne humaine. JPII va même jusqu’à dire « La conscience de la signification sponsale du corps constitue l’élément fondamental de l’existence humaine ». Audience du 16/1/80.

Mais revenons à l’éducation affective et sexuelle ! Nous devons donc transmettre cette unité à nos enfants et les aider peu à peu à faire l’unité de toute leur personne

Nous voyons que pour les tenants des théories du genre gender, l’homme est fait d'un corps et de comportements, qui sont complètement dissociés, et l'homme et la femme sont en compétition.
Dans une vision (schématique !) chrétienne, l’homme est fait d'un corps, d'un cœur et d'une âme, ou encore de la chaire et de l'esprit, mais dans une grande unité. Et l'homme et la femme sont en coopération.

Ces deux visions sont donc inconciliables ! Il n’y a pas un « gender soft » qui serait compatible avec l’anthropologie X.

Une vision modelée par la défiance peut nous faire voir le corps comme le lieu du péché que l’esprit devrait dominer et soumettre. Nous sommes nous aussi, chrétiens, exposés au risque du néoplatonisme avec la dualité corps-esprit, le corps étant inférieur et soumis au péché. Autrement dit, dans ce que nous disons à nos enfants, le corps n’est pas « sale » ou méprisable ou à soumettre à la force du poignet...

La sexualité est bonne par elle-même ! Elle est pour l’amour des époux ; autrement dit « faire l’amour » fait l’amour du couple au sens premier. L’enfant est le débordement de cet amour dans une nouvelle vie. Elle n’est pas un mal nécessaire pour la génération ou un remède à la concupiscence....

La vocation sponsale du corps ne sera dévoilée que peu à peu à l’enfant. Elle est incompréhensible pour le petit enfant (<7ans) qui est égocentré et doit passer par d’autres étapes avant d’accéder progressivement à l’altérité et au don gratuit.

On passera par les étapes de l’hygiène, de la pudeur, de l’intimité, du respect de l’autre, tout en éduquant peu à peu à rendre de petits services gratuits, puis à rendre service spontanément etc, etc....

On sera attentif à l’unité de vie, à la cohérence de ce que chacun vit (et d’abord les parents....) pour en faire une discipline de vie.

On aidera l’enfant à unifier ce qu’il a reçu (un corps masculin ou féminin) et ce qu’il est appelé à devenir (un homme ou une femme) en aidant à l’identification avec le parent de même sexe et en posant des mots sur ce que le jeune observe par lui-même.

* Caractérise l’amour spécifique entre un homme et une femme. Ce terme est utilisé dans la Bible, comme d’autres traduisant la séduction ou la passion, pour décrire l’amour de Dieu pour les hommes.

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Quand parler d’éducation affective et sexuelle avec nos enfants ?

L’éducation affective et sexuelle (EAS) est dans une continuité depuis tout petit jusqu’à.... la préparation au mariage. Ce n’est pas une annonce à ne faire qu'une seule fois « Ouf, j’ai fait mon devoir de parent, raconté l’histoire de la petite graine et c’est tout bon ! Mission accomplie, terminé ! ».

Non, pas du tout ! Cela s’inscrit dans une longue histoire.

Cela commence avec la manière de toucher, de câliner – on appelle cela le maternage – le tout petit, la manière de prendre soin de son corps, de le tenir, de faire sa toilette, de le soigner.
En grandissant, le petit s’autonomise, apprend à se débrouiller seul pour la propreté. Cet apprentissage se vit avec des enjeux forts dans la relation à la mère, mais aussi dans les messages qu’il reçoit autour de son corps selon si les parents sont détendus, patients et confiants ou, au contraire, stressés voire rigides. Même chose autour de l’alimentation qui allie relation à la mère, le plus souvent, place du corps, plaisir...

Peu à peu, avec le langage, des questions arrivent autour du corps, souvent par comparaison avec le sexe opposé. « Pourquoi il a un zizi/ pourquoi elle n’en a pas... »
On répond ainsi aux questions au fil du temps et des circonstances. Sans insister. Sans laisser passer non plus. En relevant un mot, un sujet, si besoin.
Ou alors, si ce n’est pas le moment, on dit à l’enfant « j’ai bien entendu ta question/ ta remarque, je te réponds plus tard ». On parle à chacun sur un mode personnel. C’est nous qui avons du mal ou sommes gênés. Les enfants perçoivent que c’est un sujet important et grave mais si rien ne les a perturbés jusque-là, ils ne sont pas gênés.

En tout état de cause, il faudra parler plutôt trop tôt que trop tard et plutôt trop tard que jamais.

Dans la mesure du possible, nous devons être les premiers qui parlent à nos enfants. Ce que nous leur transmettrons posera des bases solides et bien saines qui leur permettront de se protéger ultérieurement de discours ou d’images malsains. La parole de papa, de maman a force de loi. Elle est LA vérité. N’attendons pas pour leur donner le meilleur. Ne nous laissons pas court-circuiter par d’autres.

Se servir des occasions positives : questions sur la différence sexuelle, l’annonce d’une grossesse, d’une naissance, cours de SVT, observation de la vie animale etc... comme des occasions négatives : cours de SVT, paroles déplacées, grossièreté à caractère sexuel, remarque sexiste, images pornographiques, découverte de l’avortement, de l’homosexualité....
Bref, intégrer l’EAS au fil de la vie de famille.

Continuer à l’adolescence. Ne pas parler au « je », ni au « tu », c'est-à-dire ne pas s’impliquer ni impliquer l’adolescent, mais se servir de toutes les circonstances de la vie qui nous entourent dans les relations, la vie familiale ou dans les films que nous pouvons voir en famille.
Etre davantage dans le questionnement qui aide à mettre en perspective, à réfléchir. Cela aidera davantage le jeune à faire siennes les réponses.

Attention aussi au discours actuel qui dit que les parents peuvent parler à leurs enfants tout petits mais ne peuvent et ne doivent plus parler au-delà de la puberté au prétexte d’immixtion dans leur vie intime. On leur dit (psys, médecins, sachants....) « Vous êtes les plus mal placés ». Nous récusons fortement cette démission d’office des parents sur ce sujet essentiel !

On confond dialogue parents-enfants avec implication pseudo incestueuse dans la vie sexuelle de chaque génération. Parler de tiers, parler au « il » permet de continuer notre travail de transmission et d’éducation sur ce sujet central pour leur bonheur futur sans implication personnelle.

Ce dialogue devient au fil du temps une réflexion et un échange de plus en plus profond sur la vie de couple, la conjugalité, l’engagement, le mariage, le choix, la vocation, l’attention aux « appels », l’accueil de la vie, la paternité-maternité responsables. L’EAS « achevée » prépare à la vie de couple, prépare au mariage futur de nos enfants ou au choix libre d'une autre vocation.

On ne se prépare pas au mariage 6 mois avant la date choisie, il s’agit d’un long accompagnement éducatif à travers l’enfance et l’adolescence. Gardons cet objectif bien en perspective !

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Pourquoi parler d’éducation affective et sexuelle ?

L’éducation affective et sexuelle, ou EAS, n’est pas un sujet parmi d’autres au milieu de la trigonométrie ou des règles de grammaire, même si nous sommes persuadés que ce sujet nous échoie, nous n’en voyons pas toujours l’urgence où l’importance et les multiples conséquences dans la vie et l’avenir de nos enfants.

Ou bien encore, nous en voyons l’urgence sous l’angle de la méfiance et de la protection contre un monde qui nous parait agressif, qui nous assiègerait et dont nous voulons protéger nos enfants. Cela ne constitue pas une base suffisante pour ce que nous avons à leur transmettre. Nous prendirons le risque que nos enfants retiennent seulement de nos messages que leurs parents ne sont pas à l’aise, qu’ils ont peur ou que ce sujet est sale ou dangereux.

Ce sujet est essentiel car c’est - en partie - à partir de ce que nous leurs transmettrons que nos enfants pourront aborder la vie amoureuse, la vie de couple, le mariage, la vie de famille.... Ce sera à eux d’apporter les matériaux et de construire leur maison, mais nous leur transmettrons en grande partie le plan !

Nous devons d’abord répondre à des questions de nature existentielle plutôt que de nature morale. Nous aurons à répondre à des questions morales, mais pas en premier.

D’où je viens ?

La première question est celle de l’origine : « D’où je viens ? » « Comment je suis arrivé là ? » qui se pose le plus souvent sous la forme « Racontez-moi quand je suis né, comment vous avez choisi mon nom, su que j’étais un garçon/une fille ?... »
Ce sujet est passionnant pour les enfants, peu de sujets l’intéressent autant. A travers ces questions autour de l’origine de leurs vies, à travers ces « pourquoi » il y a l’amour qui a présidé à leur venue au monde. Dans tout ce que nous leur dirons autour de ce sujet, nous devons leur permettre de comprendre le « pourquoi ? ».

Les enfants sont des chercheurs de sens, si nous répondons à côté, avec gêne, avec des interdits ou en éludant, ils iront chercher ailleurs.

Nous devons leur permettre de comprendre avec leur intelligence ! Et nous nous adresserons en même temps à leur cœur (le « sens ») en leur montrant que leur vie est le fruit de l’amour de leurs parents et de la Providence.... non du hasard. C’est l’histoire merveilleuse de leur propre vie que nous leur racontons. Nous leur parlons d’eux-mêmes, de leurs propres raisons d’être.

Où je vais ?

La seconde question est « Où je vais ? ». Quel est ce chemin de ma vie que j’entrevois et qui m’invite à devenir un homme fort et sûr comme papa ou une femme jolie et tendre, comme maman ? Quelles sont les balises de ce chemin ? Est-il sûr ? Puis-je m’y aventurer en confiance ? Est-ce un chemin de bonheur ? Comment unifier ce que j’ai reçu (un corps de garçon ou de fille) et ce que je suis appelé à être (un homme ou une femme). Il y a là un grand champ éducatif pour nous, parents. Nous y reviendrons.

Donc, les questions de l’origine et de l’avenir : il faut d'abord répondre aux questions existentielles.

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