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Que va changer la « Loi santé » adoptée le 17décembre par le Parlement ?

Il s’agit d’une loi multidirectionnelle sans cohérence globale hormis celle de décrire un style de société libertaire qui facilite les consommations de santé, introduit les salles de shoot, élargit la recherche sur l'embryon, facilite toujours plus l’IVG et la contraception des mineures en contournant les parents...

Style de société encore avec une morale hygiéniste qui encadre la vie privée des Français : cela concerne les fumeurs, le don d’organe, l’alimentation, les cabines de bronzage. Ces mesures, bonnes par elles-mêmes, s’attachent à culpabiliser ou réglementer très étroitement la vie quotidienne des familles plutôt qu’à faire réfléchir, convaincre ou éduquer….

On peut remarquer la contradiction qui s'installe entre une liberté de plus en plus grande accordée à l'individu de faire ce qu'il veut et la contrainte de plus en plus forte exercée par l'Etat dans les moindres gestes de la vie quotidienne.

Très étonnamment, cette loi ne va pas dans le sens de la rigueur budgétaire qui serait cependant nécessaire pour la Sécurité sociale.

1/ Généralisation du tiers payant : mise en place progressive avec généralisation en 2017. Pour le moment, seuls les bénéficiaires du RSA, les accidentés du travail, les patients sous tutelle, bref les plus démunis avaient déjà accès à la gratuité des soins. La loi prévoit l'extension généralisée de cette gratuité. C'est le point qui heurte le plus les médecins, très opposés à cette réforme : ce sera à eux de se faire rembourser auprès de la sécurité sociale et des mutuelles dont ils deviendront de fait dépendants. Sachant que les patients concernés n'étaient pas du tout demandeurs, ceci ne peut qu'augmenter la consommation médicale.

2/ L’IVG est, une fois de plus, facilitée en supprimant la semaine de réflexion au prétexte qu’elle serait vécue par les femmes comme une « punition » et en permettant aux sages-femmes d’effectuer des IVG médicamenteuses et aux centre de santé des IVG « instrumentales ».

3/ Elle garantit l’accès à la contraception d’urgence des mineures dans les établissements du second degré par les infirmiers scolaires en supprimant la notion de « détresse caractérisée » et le caractère « exceptionnel » du recours à la contraception d’urgence.

4/ La loi élargit la recherche sur l’embryon : des recherches biomédicales menées dans le cadre de l’Assistance médicale à la procréation peuvent être réalisées sur des gamètes destinés à constituer un embryon ou sur l’embryon in vitro avant ou après son transfert à des fins de gestation si chaque membre du couple y consent.
On peut y voir un moyen de contourner l’interdiction de fabriquer des embryons pour la recherche.

5/ La loi crée des "salles de shoot" appelées " salle de consommation à moindre risque" : expérience sur six années. Ces lieux seront sous surveillance.

6/ Une nouvelle réglementation pour les dons d'organes avec l’obligation pour ceux qui s'y refusent d'une inscription sur un registre national. On inverse ainsi les choses puisqu’auparavant le don était volontaire. Le risque est celui d’abus dans la réanimation de fin de vie afin d’obtenir plus facilement des organes transplantables.

7/ Les paquets de cigarettes deviennent neutres c'est à dire tous pareils avec seulement écrit en tout petit la composition. Cela s'accompagne d'une interdiction de fumer en voiture en présence d'enfants de moins de 12 ans.

8/ La création d’un droit à l'oubli pour les anciens malades du cancer concernant les assurances, organismes de crédit ou autres.

9/ L’ouverture de centres de santé avec la création d'une banque nationale des données de santé, ouverte aux médias, aux journalistes etc .......... Mais ceci de façon anonyme.

10/ La fin de l'interdiction des soins funéraires pour les séropositifs

11/ La possibilité de don de sang pour les homosexuels

11/ Et pêle-mêle : la lutte contre l'alcool chez les jeunes par l’augmentation des peines encourues, la lutte contre l'anorexie par la pénalisation des mannequins trop maigres, par exemple ; l’ interdiction des appareils de bronzage pour les mineurs ainsi que des fontaines à sodas dans les fast-foods ; l’étiquetage alimentaire avec des codes de couleur sur les aliments : par exemple, rouge pour le fromage, vert pour les légumes…afin d’inciter le consommateur à choisir les aliments les plus favorables à sa santé...

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