Éthique et PMA : la position de l’Église
« Grande est la souffrance des couples qui se découvrent stériles », affirme le Catéchisme de l’Eglise Catholique, en citant l’Ecriture : « Que pourrais-tu me donner, demande Abram à Dieu ? Je m’en vais sans enfant … » (Gn 15, 2) ; « Fais-moi avoir aussi des enfants ou je meurs ! » crie Rachel à son mari Jacob (Gn 30, 1). » (§2374).
Outre cette reconnaissance de la souffrance des couples, le Magistère aborde surtout la question de l’infertilité sous l’angle de l’aide médicale qui leur est proposée, et des questions éthiques qu’elle soulève : « Les recherches qui visent à réduire la stérilité humaine sont à encourager, à la condition qu’elles soient placées « au service de la personne humaine, de ses droits inaliénables, de son bien véritable et intégral, conformément au projet et à la volonté de Dieu », reprend le Catéchisme, citant Donum Vitae, le premier texte majeur du Saint-Siège sur cette question, publié en 1987.
Quant aux « techniques qui provoquent une dissociation des parentés, par l’intervention d’une personne étrangère au couple (don de sperme ou d’ovocyte, prêt d’utérus) », celles-ci sont jugées « gravement déshonnêtes » par le Catéchisme : elles « lèsent le droit de l’enfant à naître d’un père et d’une mère connus de lui et liés entre eux par le mariage. Elles trahissent le droit exclusif à ne devenir père et mère que l’un par l’autre ». Enfin, lorsqu’elles sont pratiquées au sein du couple, « ces techniques (insémination et fécondation artificielles homologues) sont peut-être moins préjudiciables, mais elles restent moralement irrecevables. Elles dissocient l’acte sexuel de l’acte procréateur. »
En 2008, la position de l’Eglise a été réactualisée avec la publication de Dignitas Personae, en 2008 du fait des questions soulevées par les nouvelles technologies biomédicales actuelles « en particulier en ce qui touche la recherche sur les embryons humains, l’utilisation de cellules souches à des fins thérapeutiques ainsi que le domaine de la médecine expérimentale. » L’Instruction encourage les recherches à la prévention de la stérilité et les techniques qui sont « une aide à l’acte conjugal et à sa fécondité » (n°12) : propulsion du sperme dans l’utérus et les trompes après un acte conjugal, chirurgie réparatrice de l’endomètre et des trompes. Elle demande également que soient facilitées les procédures d’adoption d’enfants orphelins, adoption par laquelle des couples stériles peuvent trouver une réponse généreuse à leur désir d’enfant.« L’Eglise reconnaît la légitimité du désir d’avoir un enfant, et comprend les souffrances des conjoints éprouvés par des problèmes d’infertilité. Ce désir ne peut cependant passer avant la dignité de la vie humaine, au point de la supplanter. Le désir d’un enfant ne peut justifier sa « production », de même que celui de ne pas en concevoir ne saurait en justifier l’abandon ou la destruction » , lit-on dans le texte (n°16).
Alors que Donum Vitae remettait en cause les techniques qui se substituent à l’acte conjugal, la nouvelle instruction s’oppose par exemple à l’Injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI), technique apparue 15 ans plus tôt et devenue la plus utilisée. Cette technique « réalise une totale dissociation entre la procréation et l’acte conjugal » et « instaure une domination de la technique sur l’origine et la destinée de la personne humaine » (n°17) et s’oppose à toute forme d’avortement provoqué et à la congélation des embryons induite par certaines techniques de PMA au nom du respect qui leur est dû.