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La refondation de l’école

Commencée l'été dernier par une large consultation ayant donné lieu à un rapport à l'automne, la « Refondation de l'école » initiée par Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, se poursuit avec une loi d'orientation et de programmation qui est discutée à l'Assemblée depuis la fin du mois de janvier.

La CNAFC a été auditionnée à deux reprises lors des consultations préalables et s'est exprimée au nom des familles. Le chantier de l'école est complexe de par la quantité d'acteurs qui y sont impliqués, par les attentes très fortes des familles, par le transfert de responsabilités éducatives multiples qui lui incombent et par le déficit de confiance,  souvent aggravé par les réformes de chaque nouveau ministre.

Nous avons souligné les initiatives positives que porte ce projet de loi : l'effort pour mieux suivre les rythmes physiologiques des enfants, chantier déjà entrepris par le précédent gouvernement ; l'attention aux élèves les plus en difficultés,  afin de lutter contre le décrochage scolaire ; la réaffirmation de la nécessité d'un « socle commun de connaissances ».

Il apparait cependant que le nombre croissant des missions confiées à l'école brouille la lisibilité de ses objectifs. Il semblerait que la société porte sur les parents un diagnostic de « démissionnaires » et attende de l'école qu'elle ait une action palliative auprès des enfants, que ce soit pour favoriser l'intégration sociale, lutter contre les discriminations, donner une « éducation morale et citoyenne » ou même se comporter en bon piéton. Ces différents objectifs se font mécaniquement au détriment du « cœur de mission » qui reste la transmission des connaissances.

L'école devrait être centrée sur ses missions essentielles de transmission (math, français, histoire-géo, sciences, langues, informatique pour le primaire et le collège) et les parents devraient, eux, être « remissionnés » et aidés pour remplir leurs responsabilités de parents. Ils ne sont pourtant présentés dans ce projet de loi que comme des co-éducateurs, partenaires de l'école au même titre que les collectivités territoriales.

Un « crédit de confiance » devrait être donné à l'école. La confiance se concrétise par de l'autonomie et de la liberté accordée à tous les niveaux des chefs d'établissement aux enseignants. Elle seule permet aux initiatives individuelles, à la créativité et à la responsabilité de s'exprimer. Elle évite la sclérose de l'uniformité et permet aux talents de chacun de bénéficier à tous.

Il est bien nécessaire de « refonder l'école » : les contenus des programmes et les méthodes de travail n'ont pas été travaillés et ne seront arrêtés que lorsque le Conseil Supérieur des Programmes prévu par cette loi sera mis en place. C'est pourtant là tout le cœur du problème.

Pascale Morinière
Responsable du secteur Education de la CNAFC

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