20/01/2021

Vaccination Covid-19

Les premières vaccinations contre la Covid-19 ont débuté, en France, dimanche 27 décembre 2020. Le point sur les vaccins.

Les premières vaccinations contre la Covid-19 ont débuté, en France, dimanche 27 décembre 2020 dans deux établissements gériatriques. Ces vaccinations sont faites par le vaccin mis au point par le laboratoire Pfizer-BioNtech qui utilise la méthode de l’ARN messager.

Qu’est-ce que la vaccination ?

La vaccination consiste à stimuler les défenses immunitaires et surtout la mémoire immunitaire.

Pour cela, jusqu’à présent, on inoculait un agent de la maladie suffisamment reconnaissable pour enclencher le phénomène immunitaire mais pas suffisamment actif pour déclencher la maladie elle-même. Ce phénomène immunitaire restera dans la mémoire immunitaire et lorsqu’un agent actif de la maladie se présentera, il sera reconnu et stoppé par les défenses immunitaires avant que la maladie se développe.

Les différents types de vaccins

Il existait jusqu’à présent deux types de vaccins.

1. Vaccins à agent infectieux vivants mais atténués : l’agent infectieux est vivant mais a été diminué dans sa capacité à induire la maladie, le BCG, par exemple.

2. Vaccins inactivés :

  • Soit un fragment de l’agent infectieux : sa paroi ou sa toxine, le tétanos, par exemple.
  • Soit l’agent entier mais inactivé, comme la coqueluche
  • Soit une partie encore plus petite de l’agent : par exemple juste une protéine présente sur sa paroi, comme pour le vaccin de la grippe.

Depuis 10 ans, une nouvelle technique était à l’étude et a été utilisée pour combattre Ebola et Zika : il s’agit de la technique dite de l’ARN messager.

L’ARN messager

L’ARN messager est l’intermédiaire qui est utilisé par nos cellules pour porter les « plans de fabrication et de travail » du noyau de nos cellules à leur cytoplasme où se trouvent les « usines de fabrication des protéines ». Ces plans sont codés par l’ADN contenu dans nos chromosomes, ils sont copiés par morceaux par l’ARN qui peut passer la frontière de l’intérieur du noyau de la cellule vers l’extérieur du noyau (mais pas l’inverse). Les plans contenus dans le noyau restent ainsi protégés dans le noyau.

Cette technique consiste à inoculer de l’ARN messager synthétique qui va faire fabriquer par nos propres cellules la molécule reconnaissable de l’agent infectieux (Protéine Spike) afin de stimuler les défenses immunitaires.

C’est cette dernière méthode qui est utilisée par les vaccins Pfizer-BioN’tech et Moderna.

Comment est fabriqué un vaccin ?

Pour fabriquer un vaccin, il faut cultiver des agents infectieux, déjà pour les étudier et ensuite, suivant la technique utilisée, pour les fabriquer.

Pour cela, il est nécessaire de mettre ces agents dans des milieux de cultures spécifiques : pour les agents bactériens (qui sont des cellules entières), il est juste nécessaire de leur donner des nutriments, mais pour les agents viraux, ils ont besoin de cellules-hôtes vivantes. Or si certains agents viraux se cultivent facilement sur des cellules d’œufs de poules, des cellules d’organes humains ou animaux, d’autres agents viraux se multiplieront plus et mieux sur des cellules issues de lignées embryonnaires humaines. Il y a trois lignées de ces cellules qui sont issues d’un avortement provoqué :  la lignée HEK-293, issue d’un fœtus avorté en 1972 aux Pays-Bas, la lignée MRC-5, issue d’un fœtus avorté en 1966 en Angleterre, et la lignée Per.C6, issue d’un fœtus avorté aux Pays-Bas en 1985. Les cellules embryonnaires ont subi de nombreuses transformations avant de donner ces lignées de cellules utilisées.

Y-a-t-il un problème moral à choisir de se faire vacciner ?

Nous avons un devoir vis-à-vis de notre propre corps pour préserver sa santé et vis-à-vis des autres personnes plus vulnérables qui ne peuvent avoir accès à la vaccination. La vaccination a permis d’enrayer de nombreuses maladies graves ou mortelles : la variole, la rage, le choléra. D’autre part, la fabrication des vaccins ne pose pas de problème éthique particulier. Toutefois, une question morale se pose quant à la fabrication de certains d’entre eux dont celui développé par AstraZeneca contre la Covid-19.

Le problème moral vient de l’utilisation, pour la recherche et la fabrication de certains vaccins, de ces lignées issues de cellules fœtales obtenues à la suite d’un acte mauvais en lui-même : un avortement provoqué.

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi dans son texte du 21 décembre 2020 « sur la moralité de l’utilisation de certains vaccins anti-Covid 19 » nous aide néanmoins à éclairer notre conscience , elle rappelle  trois prises de position antérieures sur le même sujet : celle de l’Académie pontificale pour la Vie en 2005, l’instruction Dignitas Personae de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en 2008 et enfin une nouvelle note de l’Académie pontificale pour la Vie en 2017.

Elle précise que dans le contexte de la pandémie actuelle de Covid-19, « tous les vaccins reconnus comme cliniquement sûrs et efficaces peuvent être utilisés en restant conscient que le recours à ces vaccins ne signifie pas une coopération formelle avec l’avortement dont sont issues les cellules à partir desquelles les vaccins ont été produits » (source vatican.va).

Mgr Suaudeau nous éclaire un peu plus : « Les médecins qui prescrivent l’utilisation du vaccin, et les utilisateurs du vaccin, pour eux-mêmes ou pour leurs enfants, réalisent une forme de coopération matérielle très éloignée, sans conséquences sur le plan de la responsabilité et de l’imputabilité. Par contre, si ces mêmes médecins ou utilisateurs de vaccins approuvent l’acte d’avortement volontaire qui a permis le développement du vaccin, ils rentrent dans une coopération formelle, et leur imputabilité est entière. En conclusion, il faut s’abstenir d’utiliser les vaccins posant des problèmes éthiques si cela peut se faire sans mettre en danger la santé des personnes. Dans le cas contraire, il convient d’avoir recours à un vaccin alternatif.

Si l’agent infectieux contre lequel est dirigé le vaccin est très invasif, provoque des pathologies graves, a une létalité non négligeable, et s’il n’y a pas de vaccin alternatif disponible, le vaccin qui pose des problèmes éthiques sera utilisé, mais il doit être clairement dit que cette acceptation ne signifie pas approbation, mais choix d’un moindre mal, en vue du bien commun » (source Aleteia).

D’un point de vue éthique, il convient d’éviter au maximum d’utiliser le vaccin AstraZeneca dont la recherche et fabrication utilisent la lignée de cellules HEK293. Mais on peut utiliser les vaccins Pfizer et Moderna car si la lignée HEK 293 a bien été utilisée pour leurs tests de la protéine Spike, cette lignée n’intervient pas directement dans la fabrication des vaccins. Il n’y a donc pas de coopération au mal de l’avortement dans l’utilisation de ces vaccins.

Voir le tableau des vaccins anti-Covid disponibles en France.

À quoi servent les vaccins ?

L’objectif de la vaccination est double : il vise la protection individuelle mais aussi collective.

Protection individuelle
Lorsque l’on est vacciné, on diminue le risque d’avoir une maladie, de tomber malade, d’en avoir des séquelles, voire d’en mourir.

Protection collective
En se faisant vacciner, on diminue également la circulation d’une maladie dans la population générale, et on diminue ainsi le risque que des personnes qui ne peuvent se faire vacciner rencontrent cette maladie. On peut même supprimer la circulation d’une maladie lorsque le vaccin est efficace et la couverture vaccinale de la population importante (la variole, par exemple).

Et pour le coronavirus ?

On sait que les vaccins proposés permettent de diminuer les formes graves de Covid-19 mais on ne sait pas s’ils ont un impact sur la transmission de la maladie.

C’est pourquoi aujourd’hui :

  • La vaccination n’est pas obligatoire
  • La vaccination n’est proposée qu’aux personnes de plus de 75 ans, aux soignants de plus de 50 ans et aux personnes à très haut risque. Cette vaccination n’aura lieu qu’après une consultation médicale au cours de laquelle le médecin évaluera avec la personne les bénéfices et les risques de cette vaccination et ainsi pourra prendre la meilleure décision possible pour elle-même.

D’autre part d’autres vaccins vont arriver, utilisant d’autres techniques. L’enjeu actuel est de déterminer qui peut attendre et qui ne le peut pas en fonction de l’état de santé des personnes qui souhaitent être vaccinées.

Conclusion

La crise majeure que nous traversons, due à cette épidémie, doit impérativement trouver une issue.

Pour l’instant la seule issue proposée est celle de la vaccination mais nous ne devons pas oublier la recherche de traitements antiviraux, la lutte contre les facteurs de risque : sédentarité, obésité, maladies cardio-vasculaires, mauvaise hygiène des mains, etc., sans parler de la situation de notre système de santé, déjà en grande difficulté avant la crise sanitaire actuelle.

Il serait donc essentiel de promouvoir, à la fois, une bonne hygiène de vie – la pratique d’une activité physique régulière, la lutte contre les addictions, une alimentation saine et variée, une exposition au grand air – ainsi qu’un soutien et sans doute une refondation profonde de notre système de santé.

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