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Egalité entre les femmes et les hommes : les AFC auditionnées à l’Assemblée nationale

Egalité entre les femmes et les hommes : les AFC auditionnées à l’Assemblée nationale pour une autre vision des relations entre les femmes et les hommes.

 assembleeLe mardi 9 décembre, les AFC ont été entendues, avec les représentants d’autres associations familiales, sur le projet de loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes qui doit prochainement être discuté par les députés après avec été adopté au Sénat.

S’agissant des dispositions relatives à l’égalité entre les femmes et les hommes dans la vie professionnelle, les AFC ont exprimé leur intérêt pour les mesures prises pour une meilleure égalité salariale entre les hommes et les femmes. Cependant, elles ont expliqué pourquoi la réforme du congé parental est une mauvaise nouvelle pour les familles. Cette mesure va interférer avec le quotidien des Français et  venir désorganiser la vie des familles. Pour les AFC, le projet de loi cherche à modifier en force les modes de vie des Français alors même que les pères ou les mères ont aujourd’hui la liberté de prendre le congé et que les couples peuvent ainsi se déterminer comme ils le souhaitent, dans la complémentarité de leurs aspirations de père ou de mère,  sans interférence de l’Etat. Aussi, les dispositions prévues par le texte ne sont pas une incitation pour les pères mais bien une sanction pour les familles et une atteinte à la liberté des femmes qui choisissent volontairement de suspendre ou de réduire leur activité professionnelle pour s’occuper de leur enfant de moins de 3 ans. De plus, les Français comprendront, à travers cette mesure, que l’on cherche une nouvelle fois à faire des économies sur leur dos en évitant de financer les 6 derniers mois de congés. Pire, cette mesure sera inefficace. Une disposition du même type existe en Suède. Or, seulement 20 % des pères prennent effectivement leur congé parental. (Contre 11,1% en France actuellement).

 

Cela posé, les AFC proposent :

·         de conserver la liberté de choix pour les deux parents entre un congé parental long (3ans) ou court (1an) ;

·         la création d’un capital-temps, sous forme de congé parental fractionnable,  pour chaque parent, à prendre librement selon les besoins de la famille et les contraintes professionnelles soit à la naissance, soit plus tard, par exemple à l’adolescence, cela pour une vraie liberté de choix, sans immixtion dans la vie des familles ;

·         une démarche de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) pourrait être proposée à l’issue du congé parental, dans le cadre de l’accompagnement vers la reprise professionnelle ;

·         de renforcer l'accompagnement des mères qui prennent un congé parental alors qu’elles occupent un emploi précaire qu'elles ne retrouveront pas à la fin du congé parental,

·         de favoriser la formation en cours de congé parental pour une meilleure employabilité,

·         de faciliter la réinsertion en entreprise à « temps choisi », en particulier pour les mères de plusieurs enfants,

·         de soutenir les initiatives locales de création et de développement de centres de télétravail,

·         de soutenir les initiatives locales de développement de dispositifs de garde d’enfants interentreprises.

A propos du titre 2 du texte, consacré aux dispositions relatives à la lutte contre la précarité, les AFC estiment que les expérimentations en termes de pension alimentaire notamment méritent d’être tentées et évaluées. Néanmoins, elles se demandent quels moyens supplémentaires sont prévus pour permettre aux CAF de mener ces expérimentations. Les CAF travaillent déjà à flux tendu et sont souvent obligées de fermer leurs guichets un jour par semaine, au détriment des familles : il semble difficile de leur donner un surcroit de travail sans contrepartie.

Plusieurs propositions ont été faites en matière de lutte contre la précarité : cette lutte pour être efficace passe par des mesures d’ordre préventif, les représentantes des AFC ayant rappelé que la précarité est souvent secondaire à une situation de non-engagement en couple ou de rupture du couple (57% des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté contre 22% pour l’ensemble des ménages) :

·         développer la préparation au mariage pour permettre, au moins, une meilleure compréhension des droits et devoirs des époux ;

·         développer le conseil conjugal et la médiation familiale. Ce serait un moyen de prévenir les difficultés et les coûts économiques, sociaux, psychologiques ou éducatifs qui découlent des ruptures familiales ;

·         accompagner les parents dans des « groupes de paroles de parents » est un moyen simple, peu onéreux et efficace pour faciliter le dialogue éducatif entre les pères et mères et développer la prévention et la bientraitance au sein des familles ;

·         On peut aussi s’interroger, eu égard à la situation précaire de bien des familles, de la légitimité, voire de la légalité, dans le paysage français des sites de rencontres extra conjugales qui encouragent à l’infidélité et contribuent à fragiliser le lien des conjoints, au nom d’une liberté dont les femmes sont souvent les premières victimes ;

En conclusion, les AFC ont rappelé qu’il y a sans doute encore beaucoup à faire pour que les relations hommes-femmes ne soient plus conçues ni vécues sous l’angle dialectique voire concurrentiel, mais sur le mode de la coopération et de la complémentarité chacun et chacune étant reconnu dans son apport propre. Il faudra plus que des lois pour y arriver et ainsi réintroduire davantage de lien.

 

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