27/04/2026

Les aidants familiaux, piliers invisibles de la société

Près de 9,3 millions d’aidants familiaux jouent un rôle clé en France face au défi de la perte d’autonomie. Longtemps invisibles, ils sont désormais au cœur des politiques publiques, avec la création d’une 5ᵉ branche de la Sécurité sociale dédiée à l’autonomie et à leur accompagnement.

Chaque jour en France, près de 9,3 millions de citoyens s’engagent auprès d’un proche âgé, malade ou en situation de handicap. Ces aidants familiaux, majoritairement de proches – enfants, conjoints, frères ou sœurs – sont devenus des acteurs essentiels de l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie. S’ils sont longtemps restés invisibles dans les politiques publiques, ils constituent aujourd’hui des enjeux politiques, économiques et sociétaux incontournables.

La dépendance liée au grand âge – qu’il s’agisse de difficulté à accomplir les gestes du quotidien ou de perte d’autonomie sévère – pose un défi économique et social. Pour les pouvoirs publics, il s’agit désormais d’articuler des réponses qui dépassent le seul cadre sanitaire pour intégrer les dimensions familiales, sociales et financières.

Jusqu’aux années 2000, l’aide fournie par les proches était majoritairement perçue comme une extension naturelle des solidarités familiales, sans reconnaissance juridique ni compensation significative. Ce n’est qu’avec les premières grandes lois sur la dépendance et l’autonomie que l’État a commencé à structurer un cadre d’accompagnement.

La loi d’adaptation de la société au vieillissement de 2015 (ASV) a constitué un jalon notable : elle reconnaît explicitement l’importance des aidants familiaux, introduit un droits au répit et inscrit la prévention, la participation sociale et le soutien à domicile comme des priorités nationales.

Le législateur a depuis doté la société française d’une couverture sociale spécifique de la perte d’autonomie : un « 5ᵉ risque » au même titre que les risques maladie, accidents du travail, famille ou vieillesse. Cette idée qui fut considérée comme une simple piste au fil des plans successifs, s’est formellement mise en place avec la loi du 7 août 2020 relative à la dette sociale et à l’autonomie.

Cette loi a inscrit dans le code de la Sécurité sociale la création d’une « 5ᵉ branche » consacrée à l’autonomie, chargée de couvrir les besoins des personnes en situation de perte d’autonomie, qu’elles soient âgées ou handicapées, et ce sans distinction d’âge ou de situation de santé. La gestion de cette branche a été confiée à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), qui a ainsi acquis un rôle central et pérenne dans l’architecture de notre protection sociale.

Cette évolution n’est pas seulement symbolique : concrètement, elle signifie que la Nation a affirmé le principe d’une solidarité collective et universelle face au risque de perte d’autonomie, et qu’une partie significative de la mission d’accompagnement et de financement est désormais intégrée dans le système de sécurité sociale national.

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