11/05/2023

Le CESE signe pour l’euthanasie

Mercredi 10 mai, le CESE a rendu un avis positif sur la législation de l’euthanasie et du suicide assisté, et sur le développement des soins palliatifs.

Le CESE vient de rendre un avis sur la Fin de Vie, le 10 mai : Fin de vie, faire évoluer la loi ? Il se prononce pour une légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie et un développement des soins palliatifs.

Le précédent avis, daté de 2018, encourageait la légalisation d’une « sédation profonde explicitement létale ». Il était alors accompagné d’un dissensus rendant compte des réserves d’un certain nombre de membres. Ce nouvel avis, voté à l’unanimité par la Commission temporaire et par 98 membres sur 116 (6 votes contre, 12 abstentions) vient s’ajouter à celui du Comité consultatif national d’éthique, en septembre dernier, de la Convention citoyenne sur la fin de vie, début avril, au bilan de la loi Claeys-Léonetti, établi par l’Assemblée nationale et à la mission d’information sur la Fin de vie menée par la Commission des Affaires sociales du Sénat.

Le Président Macron a annoncé début avril un projet de loi avant la fin de l’été. Ce nouvel avis vient ajouter une pierre dans le sens de « l’aide active à mourir », option pour laquelle le président s’était déjà prononcé à deux reprises.

Contrairement à ce que soutient cet avis :

  • Il est illusoire de vouloir répondre à toutes les situations de fin de vie. Certaines échapperont toujours au cadre de la loi et, à vouloir trop et tout encadrer, on déshabilite les soignants de leurs responsabilités éthiques et professionnelles.
  • Il s’appuie sur une vision dévoyée de l’égalité en soutenant que seuls les riches peuvent aller à l’étranger se faire euthanasier. La véritable égalité serait celle de la bientraitance et de l’accès à tous à des soins palliatifs de qualité
  • La loi ne supprimera pas les euthanasies illégales, bien au contraire. Elles seraient au nombre de 1 sur 3 en Belgique (Pr Timothy Devos) car la loi en levant l’interdit lève les inhibitions devant la mort et favorise les passages à l’acte. La loi contribue à changer les mentalités : Au Canada, une étude du 22 avril dernier de Research Co montre que désormais 27% des Canadiens estiment que l’Aide active à mourir devrait pouvoir s’appliquer aux pauvres, 43% aux porteurs d’une maladie mentale et 50% aux porteurs de handicap.

Nous demandons que les professionnels de la fin de vie qui sont au contact des malades et de leurs familles soient écoutés. La mort n’est pas un soin et ne peut faire partie du dispositif des soins palliatifs. La recherche de l’autonomie individuelle ne peut se faire au détriment de la solidarité interpersonnelle au risque de développer une société atomisée et maltraitante pour les plus fragiles de ses membres.

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