Back Vous êtes ici : Société Questions de société Conjugalité/Couple Mariage Préparation au mariage civil : ils en parlent

Préparation au mariage civil : ils en parlent

Ministres, maires, sociologues, présidents d’associations, juristes… Un mois après les premiers « tests » en mairie des kits de préparation au mariage civil, ils s’expriment sur les raisons qui les poussent à encourager une telle initiative.

En janvier dernier, Claude Greff, secrétaire d’Etat chargée de la Famille, remettait à l’honneur le mariage civil, « valeur sûre de notre société ». Afin de ne pas « banaliser, ni bâcler cette cérémonie », elle annonçait un certain nombre de mesures, dont le fameux « kit de préparation au mariage civil », résultat d’un groupe de travail initié en juin 2011. Un travail auquel les AFC ont pris une part active, dans le prolongement de leurs travaux et de leurs demandes répétées en ce sens.

Elus et futurs époux sont conviés à redécouvrir les droits et devoirs auxquels ouvre le mariage civil. Si 77% des jeunes aspirent aujourd’hui à fonder un couple et un foyer uniques et stables, la France atteint paradoxalement un taux de divorces de 50%. Ce paradoxe est source de questionnements et nécessite de « répondre au plus près aux attentes des couples », estime encore la secrétaire d’Etat. Un projet et une initiative que soutiennent aussi de nombreux « experts » confrontés à la réalité, difficile parfois, qu’est le mariage et son impact sur la société.

Les AFC souhaitent en effet réaffirmer que le mariage civil d'un homme et d'une femme est un engagement libre, réciproque et durable. Il repose sur un cadre légal qui exprime la triple dimension de l'union conjugale : engagement mutuel, accueil et éducation de l'enfant, solidarité familiale et sociale. A ce titre, il doit être valorisé, pour accompagner les couples qui choisissent librement un tel engagement.

La redécouverte du mariage comme « la plus belle des promesses » et une meilleure compréhension des droits et devoirs des époux sont un bon moyen de prévenir les difficultés et coûts de nature très diverse - déstabilisation des enfants, précarisation des familles... - qui découlent des ruptures familiales ou des situations de conjugalité autres que le mariage. Une situation qui n’a pas laissé indifférente la ministre chargée de la Famille qui mesure combien « les conséquences des divorces sont humaines, et en même temps financières » et où « le couple est déstabilisé » et « le foyer précarisé ». Car le coût du « non-mariage », ou du « démariage », est non seulement affectif, psychologique, mais aussi social et économique, et appelle une prise en charge croissante de la collectivité et des pouvoirs publics. Un constat que partage, à son niveau, Françoise Dekeuwer-Défossez, professeur de droit à l’Université de Lille 2 et spécialiste du droit de la famille, témoin que « les divorces représentent les plus importants litiges portés à la juridiction civile. Plus de la moitié sont assumés par l’aide juridictionnelle de l’Etat ».

Mais faut-il tant insister sur les droits et devoirs, nécessaires, au risque d’en oublier que la première raison pour laquelle on se marie est l’amour, et que la première cause des séparations est le désamour, ou à tout le moins une déception qui révèle une conception partielle de l’amour, largement réduite au sentiment, changeant par nature ? Car si le mariage civil implique des droits et devoirs, il ne peut néanmoins se limiter à un simple « contrat social ». Le mariage civil est en lui-même porteur d’une densité dont beaucoup de couples au moment de s'engager n'ont pas suffisamment conscience et qui recouvre des dimensions comme la fidélité, le respect mutuel, le partage des tâches, la solidarité... Les termes du Code civil sont riches en enseignements et contribuent à nourrir et soutenir la réflexion sur la vie de couple, et sur sa portée à la fois sociale mais aussi personnelle. Un aspect sur lequel François de Singly, sociologue spécialiste de la famille, souhaite également attirer l’attention, soulignant que « les gens ne se séparent jamais en fonction du contenu du contrat », que la garantie ou le « secret » d’un « mariage durable » ne sont pas d’abord dans un « contrat juridique mais dans la logique affective » et « l’apprentissage de la vie à deux». Un apprentissage au long cours et jamais terminé, mais qui mérite de débuter… et de bien débuter !

Pour accéder au livret de préparation au mariage civil

Formation

Formation Grandir et Aimer 2018 500x419

Coup de cœur

Film Popieluszko SAJE

Actualités des familles La Croix