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Rupture familiale : la place des pères en question

Une nouvelle étude de l’INED vient confirmer de façon saisissante certaines conséquences des ruptures conjugales.

Loin des discours sur le caractère paisible de ces dernières, il apparaît ainsi clairement que « lorsque les parents sont séparés, une partie des enfants ne voit plus que rarement leur père, et certains même pas du tout ». Cette situation apparaît d’autant plus problématique, souligne l’auteur, que « le développement de la monoparentalité a conduit à s’intéresser à ses conséquences sur les enfants à l’adolescence ou une fois adultes ».

Que montre l’étude des coûts du non-mariage ? « Bon nombre d’études se sont attachées à démontrer l’effet positif sur le développement social, cognitif et émotif de l’enfant du maintien de l’engagement du père après la séparation ». Cela n’empêche pas que l’absence de rencontre entre les deux reste fréquente. Bien plus, le temps passant, la présence paternelle s’estompe et avec elle la figure du père : « L’absence de rencontre concerne près d’un enfant mineur sur 10, proposition qui atteint 19 % si l’enfant a entre 19 et 21 ans et 32 % s’il a entre 30 et 34 ans. Au total, pour 18 % des enfants (de 0 à 34 ans) de parents séparés, le père dit ne jamais les voir ». On apprend aussi que « plus l’enfant était jeune [au moment de la rupture], moins il voit son père ensuite : plus d’un enfant sur quatre parmi ceux qui avaient moins de 3 ans au moment de la séparation ne rencontre pas son père, contre un sur sept parmi ceux qui avaient au moins 8 ans ».

Le décrochage à 18 ans s’explique sans aucun doute par des raisons d’ordre juridique : « Ainsi, il se pourrait que certains enfants ne souhaitent plus voir leur père mais aussi, dans certains cas, que le père estime que son rôle de parent s’arrête à la majorité de l’enfant et ne fasse plus d’effort pour maintenir les liens ». De telles hypothèses mériteraient évidemment d’être approfondies. Il faut tenir compte aussi de l’éloignement, du fait que la situation conjugale du père a pu évoluer. Interviennent aussi les niveaux de diplôme, de revenu : la probabilité pour un enfant de ne pas voir son père « est d’autant plus forte que le père est peu diplômé ou occupe une position professionnelle peu stable ». Le constat suivant lequel « les relations qu’entretient un enfant avec son père sont aussi fortement liées aux rapports que ce dernier entretient lui-même avec son propre père… » achève une analyse préoccupante qu’atténue à peine la conclusion sur l’évolution des comportements et la conviction de l’auteur suivant laquelle « l’idée selon laquelle le couple parental doit survivre au couple conjugal s’impose aujourd’hui ».

Pour les AFC, ces chiffres, ces illustrations des conséquences des ruptures conjugales, montrent qu’il est plus que temps de se préoccuper de mesures préventives et de nature à valoriser la stabilité des couples et des familles dont on voit, en creux, les atouts et les ressources qu’elle représente pour la société et à soutenir les pères et les mères dans leur rôle de premiers et principaux éducateurs de leurs enfants ?

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