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La loi Neuwirth quarante ans après : une révolution inachevée ?


« La loi Neuwirth quarante ans après : une révolution inachevée ? », INED, Population et sociétés, n°439, novembre 2007

Les deux articles qui composent ce numéro abordent le sujet toujours sensible de la maîtrise de la fécondité. Le premier intitulé « Après la loi Neuwirth, pourquoi tant de grossesses imprévues ? » apporte des éclairages intéressants en montrant notamment l’illusion d’une maîtrise parfaite de la fécondité et certaines de ses conséquences négatives. Le second, « De la contraception clandestine à la loi Neuwirth : la France à la traîne », paraîtra sans nul doute plus provocateur.

A partir des études de l’INED, les auteurs du premier texte examinent les chiffres des naissances planifiées, mal planifiées et non désirées, et font apparaître que
- 8 naissances sur 10 sont bien planifiées
- « ce recul des naissances non souhaitées […]
explique en partie la baisse brutale de la fécondité observée au cours des années 1970 »
- « la diminution de la part des naissances non désirées ou mal planifiées a eu lieu très rapidement, en une dizaine d’années seulement, entre 1970 et 1980 à peu près ».

Mais, les auteurs ajoutent : « l’évaluation du degré de maîtrise de la fécondité doit tenir compte des avortements ». Cela fait, ils concluent qu’une grossesse sur trois n’est pas prévue. C’est l’occasion pour eux de relever le paradoxe de la situation française : la diffusion de la contraception ne fait pas baisser le nombre des avortements ; bien plus, selon eux, « la propension à recourir à l’avortement en cas de grossesse non prévue semble s’être accentuée à mesure que la maîtrise de la fécondité s’améliorait ».

Ils évoquent alors les nombreuses exigences des Français quant au cadre de la naissance (stabilité du couple parental, conditions matérielles…) et au moment précis où elle doit arriver (intervalle entre deux naissances, saison…). Autant de dimensions du « désir d’enfant » tel que l’éprouvent nombre de nos contemporains.

Pour finir, les auteurs expliquent :
- « la libéralisation de la contraception, associée à la diffusion de nouvelles méthodes de contraception plus efficaces et à la possibilité de recourir à l’IVG, s’est accompagnée d’une déconnexion accrue entre la sexualité et la fécondité »
- « ce meilleur contrôle de la fécondité ne doit cependant pas faire oublier qu’une grossesse sur trois reste non prévue en France et, à l’inverse, que bon nombre de couples souhaitant avoir un enfant n’y parviennent pas, l’assistance médicale à la procréation n’apportant qu’une réponse partielle aux problèmes de stérilité ».

Les raisons du « paradoxe français » en matière de maîtrise de la fécondité ne sont pas vraiment approfondies dans ce texte. Ses auteurs notent cependant que « pendant que la norme de l’enfant programmé s’affirmait, l’échec face à la planification est devenue de plus en plus difficilement acceptable ». Un tel constat appelle sans aucun doute des travaux ultérieurs. Celui-ci confirme déjà la nécessité d’une véritable éducation à l’amour, car la civilisation de l’Amour est le fondement de la culture de Vie.

http://www.ined.fr/fr/ressources_documentation/publications/pop_soc/bdd/publication/1336/

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