22/12/2021

FAQ sur la vaccination

Mise à jour le 21/12/2021. Puis-je voyager à l’étranger ? Les enfants sont-ils concernés ? Toutes les réponses à vos questions.

Quel est l’objectif visé par la vaccination contre la Covid-19 ?

Pour que la vaccination soit suffisamment protectrice pour l’ensemble de la population, on fait l’hypothèse qu’elle doit concerner au moins 60% des Français. Au 21 décembre 2021, 76,3% de la population totale française a un schéma vaccinal complet et parmi elle 91% des plus de 65 ans l’a également.

Il n’existe pas de vaccin obligatoire pour les adultes en France.  Pour les enfants, les vaccins recommandés et obligatoires pour entrer en collectivité ont fait l’objet de longues années d’observation des bénéfices et des risques qui en garantissent la sécurité.

Concernant la vaccination contre la Covid-19, le ou les objectifs poursuivis gagneraient à être clarifiés :

  • Cherche-t-on à éviter la saturation des hôpitaux ?
  • À protéger les personnes à risque ?
  • À protéger le fonctionnement du pays, en particulier au plan économique ?
  • À éradiquer le virus ?

Principes éthiques à considérer individuellement et collectivement concernant la vaccination :

  • La balance bénéfice-risque de la prise en charge vaccinale
  • L’impératif de ne pas nuire.

Qui doit avoir un passe sanitaire ?

Le passe sanitaire est entré en vigueur le 9 juin. Depuis le 21 juillet, il a été revu pour être étendu à certains lieux de la vie courante (parcs d’attraction, cinémas, salles de spectacles, musées et lieux culturels…). Depuis le 1er août, il a été étendu aux bars, restaurants, trajets de longue distance en train ou avion, maisons de retraite et centres médicaux sauf en cas d’urgence. Pour les centres commerciaux, il revient aux préfets de décider de le faire appliquer au cas par cas. Il est exigé pour les jeunes de 12 à 17 ans depuis le 30 septembre. Des campagnes de vaccination sont effectuées dans les collèges et lycées et des équipes mobiles de vaccination sont présentes au sein de certains établissements pour inciter les jeunes à se faire vacciner. Le passe sanitaire initialement prévu pour être en vigueur jusqu’au 15 novembre 2021 est repoussé jusqu’au 31 juillet 2022.

Le 20 décembre, le Gouvernement a annoncé l’examen dès la fin de l’année d’un projet de loi encore plus contraignant prévoyant la transformation du passe sanitaire en passe vaccinal.

Techniquement, le passe sanitaire consiste en la présentation, numérique (via l’application TousAntiCovid) ou papier, d’une preuve de non-contamination du Covid, parmi les trois suivantes qui sont non cumulatives :

  • La vaccination (schéma vaccinal complet)
  • La preuve d’un test négatif RT-PCR ou antigénique de moins de 24h (les tests PCR et les tests antigéniques sont devenus payants à partir d’octobre 2021 sauf pour les personnes vaccinées, prescription médicale ou cas contact). Des autotests supervisés sous la supervision d’un pharmacien sont reconnus comme preuve pour le passe sanitaire, sauf pour voyager en Europe ou à l’étranger.
  • Le résultat d’un test RT-PCR ou antigénique positif attestant du rétablissement de la Covid, datant d’au moins 15 jours et de moins de 6 mois

Plus d’informations sur gouvernement.fr

Puis-je voyager à l’étranger sans être vacciné ?

Il est possible de voyager à l’étranger sans être vacciné à condition de satisfaire aux obligations sanitaires qui varient selon les pays. Il faut dans tous les cas être muni du passe sanitaire. Pour connaître les conditions d’entrée par pays, il est conseillé d’aller voir sur le site du ministère des Affaires étrangères.

Néanmoins, pour l’Europe, les différents protocoles ont disparu le 1er juillet avec l’entrée en vigueur du passe sanitaire européen qui dispense de quarantaine et de test PCR toutes les personnes vaccinées.

Faut-il vacciner les enfants et les jeunes adultes ?

Il est important de vacciner en priorité les personnes à risques de forme grave : les personnes âgées ou celles présentant des comorbidités (Obésité, diabète, hypertension) et personnes porteuses de trisomie 21 âgées de plus de 40 ans.

Aujourd’hui encore, un certain nombre de personnes prioritaires ne sont pas vaccinées.

La question de la vaccination des plus jeunes est pertinente lorsque ces jeunes vivent dans le cercle proche d’une personne immunodéprimée car cette personne ne pouvant développer une immunité, il est nécessaire de sécuriser son entourage. C’est dans cet objectif que la Haute Autorité de Santé a initialement autorisé la vaccination des plus jeunes. La vaccination est ouverte pour les 12-18 ans sur la base du volontariat depuis la mi-juin avec les vaccins Pfizer/BioNtech. Le texte voté au Parlement le 25 juillet prévoit que les mineurs de 16 ans et plus peuvent se passer de l’accord de leurs parents. Pour les mineurs de 12 à 16 ans, seul l’accord d’un des responsables de l’autorité parentale est nécessaire. Depuis le 22 décembre 2021, il est possible de vacciner les enfants de 5 à 11 ans avec le vaccin Pfizer.

Est-il légitime de vacciner les jeunes alors que le risque pour leur santé est minime ?

Vacciner les enfants, les adolescents et les jeunes adultes sans comorbidité ne revient-il à demander à une partie de la population de se vacciner pour prémunir un autre groupe ? Les jeunes n’ayant qu’un risque infime de développer une forme grave de la Covid-19, (1,1% du total des hospitalisations et 0,9% du total des admissions en soins critiques chez les ados depuis 2020), on leur demanderait d’être vaccinés non pour eux mais pour pallier l’insuffisance de vaccination des plus âgés, des personnes à risque ou pour limiter la propagation du virus. Des questions éthiques se posent alors avec acuité sur la licéité d’une telle opération dans la mesure où plusieurs inconnues demeurent concernant la vaccination des jeunes. En effet, le manque de recul sur les effets à long terme de ce vaccin et l’absence d’exploration d’une efficacité sur l’infection et la transmission virale dans la population jeune interrogent. Les bénéfices attendus du vaccin pourraient être inférieurs aux risques encourus par la population visée, ici les jeunes.

De son côté, le CCNE s’est interrogé : « est-il éthique de faire porter aux mineurs la responsabilité, en termes de bénéfice collectif, du refus de la vaccination (ou de la difficulté d’y accéder) d’une partie de la population adulte ?» et a souligné également le peu de recul sur la sécurité des nouveaux vaccins sur les adolescents. La présentation du vaccin comme la condition pour retrouver une vie normale influe sur le consentement des jeunes à se faire vacciner.

Le CCNE et la Société Française de Pédiatrie s’accordent en faveur de la vaccination des enfants porteurs de pathologies spécifiques et rares associées à un risque plus important de Covid-19 sévère.

La Société Française de Pédiatrie explique cependant que la situation en France n’est pas la même qu’aux Etats-Unis, où l’étude pour les enfants de 5 à 11 ans a été conduite, et que la balance bénéfice-risque en France penche clairement en faveur de l’immunité naturelle plutôt qu’en faveur de la vaccination pour cette tranche d’âge. Elle invite à la prudence en attendant de nouvelles données : « les adultes (en particulier les parents et grands-parents de jeunes enfants) doivent être incités fortement à se protéger des formes graves du Covid en étant vaccinés, en amorçant leur vaccination ou en réalisant une dose de rappel, et en respectant les gestes-barrières. En adultes responsables, ils protègeront ainsi les moins de 12 ans qui pourront retourner à leur vie d’enfant et fréquenter écoles, activités extrascolaires et amis sans restriction. »

Pour les AFC, les parents, premiers et principaux éducateurs de leurs enfants, doivent garder la possibilité de discerner s’il est à la fois adapté, nécessaire et proportionné de faire vacciner leurs enfants mineurs. Elles ont alerté le Conseil constitutionnel sur l’importance de ne pas entraver la liberté des familles et l’autorité parentale en déposant une « contribution extérieure », le 29 juillet dernier.

Comme pour la vaccination des adultes, le choix est difficile et doit tenir compte de nombreux paramètres qui sont souvent très personnels. Une chose est certaine, chacun fait le choix qui lui parait le meilleur pour lui et pour la société, il peut être différent suivant les personnes. Une chose est sûre : « l’ennemi c’est le virus », l’ennemi n’est en aucun cas une personne qui fait un choix différent du mien.

Conditions pour la vaccination des enfants de 5-11 ans

La vaccination des enfants de 5 à 11 ans contre la COVID-19 sera donc possible avec l’autorisation parentale le 22 décembre 2021. Le CCNE résume bien la situation des parents : « chaque parent sera placé face au choix de vacciner ou non son enfant et devra faire le pari le plus raisonnable en situation d’une double incertitude : incertitude quant à la possibilité, aussi infime soit-elle, que son enfant puisse faire une forme sévère du Covid, incertitude quant aux possibles séquelles d’un Covid long (encore à l’étude, il ne fait pas l’objet à ce jour d’un consensus dans la communauté médicale), et par principe pas de certitude absolue concernant le vaccin. »

En bref :

  • La posologie du vaccin Pfizer sera de 10 microgrammes par vaccin ce qui correspond au tiers d’une dose pour les adultes.
  • Seul le vaccin Pfizer est autorisé pour vacciner les enfants
  • La vaccination des enfants de 5 à 11 ans se fait sous réserve d’une autorisation parentale
  • Le passe sanitaire n’est pas exigé pour cette tranche d’âge

Les vaccins à ARN ont-ils un impact sur la fertilité ?

En décembre 2020, les médecins britannique Michael Yeadon et allemand Wolfgang Wodarg ont lancé une pétition pour interpeller l’Agence européenne du médicament concernant de potentiels risques d’infertilité chez les femmes qui seraient causés par le vaccin contre la Covid-19. Ils craignent que le vaccin à ARN qui développe des anticorps contre la protéine Spike du virus ne s’attaque par erreur à une protéine liée à la fertilité (la syncytine) à cause de certaines ressemblances entre elles. Pourtant, à ce jour et d’après les résultats des essais cliniques, aucune étude n’a permis de confirmer cette affirmation si bien que l’agence américaine des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) a également réaffirmé que « pour tous les vaccins, il n’y a pas de preuve suggérant qu’ils causent des problèmes de fertilité ».

Une étude prospective américaine a été faite à l’université de Miami en décembre 2020 et janvier 2021 sur 45 volontaires à la vaccination pour étudier la qualité de leur sperme avant et après vaccination par Pfizer ou Moderna. Elle n’a pas montré d’effet négatif sur la spermatogenèse de ces patients alors que les effets de la maladie sont eux reconnus.

Ces éléments gagneraient cependant à être confirmés dans le temps long et ne constituent pas une certitude absolue d’innocuité, comme tous les médicaments nouvellement mis sur le marché. C’est le rôle de la pharmacovigilance qui vise à dépister les effets au long cours et à continuer à évaluer la balance bénéfices-risques pour chaque traitement.

 

Sources :

presse.inserm.fr

larevuedupraticien.fr

has-sante.fr

Avis du CCNE : Enjeux éthiques relatifs à la vaccination contre la Covid-19 des enfants et des adolescents. Réponse à la saisine du ministre des Solidarités et de la Santé, 9 juin 2021

solidarites-sante.gouv.fr

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