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Fin de vie : un premier débat à l’Assemblée Nationale

Le Gouvernement a voulu, dès le début de l'année, ouvrir le débat de la fin de vie à l'Assemblée Nationale, sur la base du rapport CLAEYS-LEONETTI remis le 12 décembre 2014.

Bien poser la problématique

Ce débat est une première étape dans la révision de la législation actuelle, annoncée par François Hollande depuis 2012. Elle marquera les contours d'une loi à venir en posant sa problématique.

Le 20 janvier, la Conférence des Evêques de France a justement appelé les parlementaires à ne pas « prendre le problème à l'envers ». Ainsi Mgr Ornellas, qui préside le groupe de travail de la CEF sur la fin de vie, rappelle qu'il « serait erroné de penser résoudre le « mal mourir » par la seule création d'un nouveau « droit à la sédation profonde et continue jusqu'au décès ». Ce droit ne supprimera pas les causes de ce « mal mourir », mais génèrera [..] un « mal vivre » plus profond, ainsi que de nouvelles inquiétudes et angoisses chez nombre de nos concitoyens. ».

Pourquoi ne pas commencer par bien appliquer la Loi Léonetti de 2005 qui est mal connue et suffisante, et qui a été votée à l'unanimité de nos députés ?

Les limites de la proposition CLAEYS-LEONETTI

En effet, le rapport CLAEYS-LEONETTI veut répondre à la souffrance et à l'inquiétude des Français devant la mort par un droit à une sédation profonde et continue jusqu'à la mort et l'application contraignante des directives anticipées. De plus il assimile l'alimentation et l'hydratation artificielles à un traitement.

Ces propositions se présentent comme une réponse systématique pour des situations qui sont toujours singulières. Aujourd'hui la médecine permet, dans la plupart des cas, d'apaiser la douleur physique des patients par une sédation plus ou moins forte et prolongée. Lorsque cette douleur est apaisée, demeure les souffrances psychologiques, morales, spirituelles qui relèvent de la relation, de l'accompagnement du malade. Il ne faudrait pas vouloir les faire taire par une sédation profonde et continue jusqu'à la mort qui coupe toute possibilité de relation du mourant avec ses proches.

L'aspect contraignant des directives anticipées, de son côté, questionne la confiance entre le patient et le corps médical. En effet, l'expertise professionnelle du médecin sera d'emblée dévalorisée, voire suspectée. Le corps médical deviendrait ainsi simple exécutant de directives exprimées en un instant T, alors même qu'une telle décision est fluctuante et de ce fait difficile à anticiper. .Nombre de médecins pourrait être mis dans une situation profondément contraire à leur éthique.

Enfin, l'assimilation systématique de l'alimentation et l'hydratation artificielles à un traitement rendra toujours plus ténue la limite entre le laisser mourir et le faire mourir.

La question de la fin de vie en France n'est-elle pas traitée de manière trop légaliste et trop technique ?

La mort ne peut être ni réglée ni enfermée dans des procédures systématiques, mais doit rester un moment personnel et profondément humain qu'il faut accepter d'affronter, pour soi et pour ses proches. La société a déjà le pouvoir de la rendre plus sereine en permettant l'apaisement des douleurs physiques et l'accompagnement des souffrances morales.

En proposant à la question existentielle de la mort une solution technique qui permettrait à chacun d'éliminer la question et, de ce fait, la conscience de sa propre mort. La proposition de loi ne répond pas à l'inquiétude profonde des Français devant la mort.

Dans ce passage difficile, auquel nous aurons tous à faire face un jour proche ou lointain, apportons une réponse d'accompagnement. Un accompagnement qui sera sans doute conditionné par la qualité de nos relations tout au long de notre vie.

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