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Bioéthique

L'écologie de l'homme, c'est tout d'abord le respect de la vie de la conception à la mort naturelle, l'affirmation de la dignité intrinsèque liée à la nature de l'homme et non à ses performances, l'affirmation de son intégrité physique (le corps ne peut donner lieu à des transactions commerciales), le respect de la complémentarité entre l'homme et la femme, la dignité de ses conditions de vie.

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Avortement : vers un « délit d’entrave numérique »

stockvault femme enceinteCommuniqué de presse

Une menace contre le libre choix

Laurence Rossignol a accusé de " délit d'entrave numérique " les sites internet qui, à travers des témoignages, et contrairement au site - officiel - d'information du Gouvernement, font état des risques pour la mère liés à l'avortement …

Mettre en avant des observations et des faits, proposer d'autres voies que l'avortement ou favoriser sa prévention seraient donc des délits ? L'évocation, par une femme, de sa souffrance occasionnée par un avortement est-elle condamnable ?

La liberté d'expression est fondatrice de la société démocratique. Et même, pour autant qu'il soit factuel et respectueux, l'exercice d'une telle liberté est la source fondamentale du progrès et de l'approfondissement de la liberté de chacun(e). En outre, le principe de la légalité des délits et des peines, consacré notamment à l'article 8 de la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen (" La loi ne peut établir que des peines strictement et évidemment nécessaires et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une loi établie et promulguée antérieurement au délit et légalement appliquée ") s'impose, notamment pour respecter la séparation des pouvoirs.

Les Associations Familiales Catholiques s'inquiètent donc d'une telle déclaration quand elle est le fait d'un Ministre de la République. Aussi, elles se montreront attentives aux suites qui lui seront données.
Les AFC considèrent, d'ailleurs, que le nombre très élevé d'avortements en France constitue un problème de santé publique et devrait être traité comme tel : études des facteurs de risque et lutte contre ces mêmes facteurs de risque.

 

GPA et CEDH : le Gouvernement aura t-il le courage de dire non ?

La Cour Européenne dite des Droits de l’Homme fait, de nouveau, primer le respect à la vie privée sur la condamnation de l’achat d’un enfant.

La CEDH, par un arrêt du 21 juillet 2016 (Foulon et Bouvet c. France), confirme sa jurisprudence Mennesson et Labassée du 26 juin 2014 et condamne, de nouveau, la France pour violation de la vie privée d’enfants nés en Inde de mères porteuses du fait de l’absence de transcription à l’état civil français.

Deux requêtes étaient jointes. La première mérite quelque attention. En effet, dans celle-ci, la Cour d’appel de Rennes avait, le 10 janvier 2012, jugé qu’il s’agissait, au regard des circonstances de l’espèce, non « seulement d’un contrat de mère porteuse prohibé par la loi française, mais encore d’un achat d’enfant, évidemment contraire à l’ordre public ». La Cour d’appel avait, ainsi, souligné que le versement de 100.000 roupies (environ 1.500€) représentait pour la mère indienne, d’origine extrêmement modeste, trois ans de salaire, ladite somme étant sans relation avec les frais de sa grossesse…

Le Gouvernement, s’il considère toujours que la GPA est « une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains et de marchandisation du corps des femmes » et s’il « exclut totalement d’autoriser la transcription automatique des actes étrangers, car cela équivaudrait à accepter et normaliser la GPA » (M. Valls, La Croix, 02.10.14), n’aura d’autre choix que d’interjeter appel de cet arrêt de la CEDH.

En aura-t-il seulement le courage ?

Ne pas le faire, c’est au fond considérer que le corps des femmes est objet de commerce et que les enfants ne sont que roupies de sansonnet…

PMA pour les homosexuelles, un enjeu politique

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Le Président de la République et madame Rossignol donnent des gages à leur électorat et prennent le risque de rouvrir un sujet qui a profondément divisé les Français.

Le point de vue des AFC

 

La méthode est éprouvée : lorsqu’un sujet ne fait pas consensus, plutôt que de lancer un débat de société visant à atteindre une position partagée par une majorité de manière apaisée –ce qu’on pourrait attendre de ceux qui gouvernent notre pays, en particulier sur les sujets qui interrogent les consciences – on procède par glissements successifs qui rendent inéluctable la transgression finale.

La circulaire Taubira du 25 janvier 2013 demandait qu’un certificat de nationalité française soit délivré aux enfants nés à l’étranger d’un père français et d’une mère porteuse. Première étape.

Aujourd’hui, madame Rossignol annonce qu’elle va abroger une, prétendue, circulaire du 21 décembre 2012 rappelant les sanctions encourues par les gynécologues qui orientent les femmes vers l’étranger pour une PMA pratiquée en violation de la loi française: un risque de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende. On remarquera que les 130 médecins ayant publié le 19 mars dernier une tribune dans un grand quotidien pour clamer qu’ils contreviennent à la Loi ne sont visiblement pas inquiétés. Ni par la Justice, ni par l’Ordre des Médecins, ni par l’opinion publique. Deuxième étape.

Les ressorts sont connus : victimisation « On complique la vie des couples lesbiens», dans le cas actuel ; « On prive un enfant de nationalité », dans le cas précédent. On fait pleurer dans les chaumières, on fait honte à ceux qui discriminent-le grand mot est lâché- et la plupart des Français se disent : « en fait, ça ne me dérange pas». Les chiffres des sondages évoluent doucement.
L’autre ressort consiste à fustiger ceux qui pensent différemment et donc mal. Mais est-il encore décent, au regard des dernières manifestations, de qualifier le mouvement d’opposition à la loi Taubira de « violent » ?

Il est d’ores et déjà facile de tracer les étapes suivantes : si les couples lesbiens peuvent facilement pratiquer une PMA à l’étranger, pourquoi l’interdire en France ? Troisième étape. La dernière sera celle de la GPA : pourquoi serait-il juste de priver les couples homosexuels de ce dont bénéficient les couples lesbiens? Dernière étape.

Nous ne pouvons pas jouer la surprise puisque cette attitude irresponsable s’inscrit en toute logique dans la perspective de 2017. A défaut de réflexion en vue d’un véritable projet de société, l’équipe au pouvoir utilise la transgression en guise de méthode de pensée et de programme.

Où est le débat de fond sur ce sujet ? Où est la réflexion posée, honnête, ouverte, étayée, pluraliste? Où est le débat démocratique?

Quelle que soit la manière dont on conçoit un enfant, il faut toujours à un moment donné un homme et une femme, un père et une mère qui permettent une nouvelle vie ; nouvelle vie qui va s’appuyer et s’enraciner dans la vie, la chair et l’amour de ceux dont il est issu. Oui, en prenant ces positions nous sommes « conservateurs », selon les propos de la ministre. Nous voulons conserver pour l’enfant ce qu’il y a de meilleur : grandir entre son père et sa mère. Qui se préoccupera des plus petits, des plus faibles, des « sans-voix » que sont les enfants ? Qui se demandera s’il est juste, de priver ainsi délibérément un enfant de son père ? N’est-ce pas là que réside vraiment la discrimination ?

Pascale Morinière,
Vice-présidente de la Confédération Nationale des Associations Familiales Catholiques

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