27/07/2026

Familles et transports : nos meilleures astuces

5 parents témoignent pour les AFC de leur organisation en matière de transport familial. A la campagne ou en ville, à vélo, en train ou en voiture : découvrez leurs meilleures astuces pour faciliter l’organisation familial et soulager leur portefeuille.

Entre l’abonnement annuel de chacun selon son âge et son statut, les trajets des étudiants, ou encore les vacances à planifier, le transport représente une charge non négligeable pour les familles. D’autant qu’il est devenu difficile de s’y retrouver depuis l’ouverture progressive à la concurrence des réseaux de transports publics. La Vie des AFC  a choisi de se pencher sur cette question de la manière la plus concrète possible, en sollicitant le témoignage de familles aux réalités diverses, et en répertoriant les meilleures clés pour alléger la facture. Et elles sont nombreuses, si l’on accepte de consacrer du temps à se renseigner – parfois au guichet d’une gare –, à comparer et à étudier les offres de transport en fonction de la situation de chacun et de la composition de la famille.

Dossier réalisé par Sophie le Pivain

À la campagne, on s’entraide en bonne intelligence
Nous habitons en pleine campagne dans le pays de Caux, et nos quatre enfants sont scolarisés dans deux villes différentes, l’aîné au collège à Yvetot à 25 minutes, et les trois autres à Doudeville, un village à 13 minutes. Nous avons un van de huit places, et avons la chance que mon mari ait une voiture de service pour se rendre au travail, ce qui nous évite les frais d’une deuxième voiture. Étant mère au foyer, c’est moi qui assure les conduites.
Apolline
maman de quatre enfants de 3 à 10 ans
Saint-Laurent-en-Caux (76)

Le choix de la campagne implique certaines contraintes pour les trajets du quotidien. Par exemple, mon dernier, qui est entré en toute petite section en janvier, ne va à l’école que le matin, ce qui me rajoute une conduite : je fais donc 75 km par jour !

Quant à mon aîné, qui a un an d’avance, nous avons voulu éviter le transport scolaire, parce que le trajet durait 50 minutes et que nous le trouvions trop jeune pour se retrouver avec des élèves tous plus âgés que lui, d’autant que nous ne maîtrisons pas ce qu’ils font avec leurs téléphones portables. Nous nous arrangeons donc avec une autre famille qui l’accompagne chaque matin, et j’assure deux conduites de retour.

Comme nous ne faisons pas le même nombre de conduites, j’ai proposé une compensation financière, mais ils m’ont répondu que ce n’était pas leur état d’esprit. De même, je raccompagne sans échange de service un autre enfant une fois par semaine, parce que j’ai une place dans ma voiture et que je passe par chez lui.

À la campagne, on est tous dans la même galère, alors tout le monde fonctionne en bonne intelligence. Les covoiturages sont fréquents. Ils s’organisent par affinités ou via Scoléo, une plateforme d’entraide entre parents d’élèves. Par souci d’économie, je profite de mes trajets pour faire tout ce que j’ai à faire à l’extérieur, et je fais mes courses dans le village où sont scolarisés mes enfants : même si le supermarché est un peu plus cher, j’y gagne en temps et en essence.

Pour mes pleins de carburant, en revanche, je choisis toujours la station la moins chère, quitte à faire quelques kilomètres. Nous avons senti passer la dernière hausse des prix du carburant. D’ailleurs, si les prix continuent de grimper, j’irai voir notre maire pour lui faire part de mes trajets réguliers, afin que l’on puisse proposer des places à des personnes précaires. C’est aussi pour retrouver ces valeurs d’entraide que nous nous sommes installés à la campagne.

C’est un vrai plaisir de rouler à vélo
Nous avons acheté un vélo cargo il y a trois ans, principalement pour faire les trajets d’école quand notre deuxième fille a rejoint sa sœur dans la même école primaire. Auparavant, nous avions déjà un vélo électrique simple, mais il ne pouvait transporter qu’un enfant. L’aide financière significative que la région Île-de-France offrait pour un tel achat a été un facteur important dans notre décision.
Jean-Marie
papa de deux filles en primaire
Bois-Colombe (92)

Le matin, le gain de temps est conséquent : nous mettons moins de dix minutes pour faire le chemin, contre vingt à pied. Désormais, le vélo cargo nous sert tous les jours : pour les activités du mercredi, pour la messe le dimanche. La voiture n’est intéressante que lorsque nous avons plus de dix kilomètres à faire, en termes de temps, mais aussi d’autonomie de la batterie.

En quelques années, beaucoup d’efforts ont été faits en région parisienne pour aménager des pistes cyclables. Cela permet notamment de ne plus avoir à s’insérer dans les files de voitures. Pour moi qui prenais souvent les transports en commun, c’est un vrai plaisir de pédaler comme je l’ai fait récemment en traversant le Bois de Boulogne du nord au sud.

Utiliser le vélo au quotidien se fait facilement : nous le garons dans les parties communes de notre immeuble en installant le bloque-roue et rechargeons la batterie dans notre appartement. Il faut juste prévoir un petit peu plus de temps et être bien équipés quand il pleut : nous avons acheté aux filles des ponchos étanches qui les recouvrent bien avec leurs cartables, et enfilons un pantalon de pluie et des gants, sinon on est trempés.

Quant au vélo lui-même, nous avons évalué le meilleur rapport qualité/prix dans un magasin de sport. En trois ans, nous n’avons eu à faire qu’une réparation nécessitant un envoi à l’atelier. Nous y avons tellement pris goût que nous nous trouvons bien embêtés quand nous n’avons plus notre vélo.

Nous remplissons bien notre voiture
Pendant les vacances, notre principale attention pour veiller au coût économique et écologique de nos déplacements est de bien remplir notre voiture ! Celle-ci comporte une place de plus que nécessaire pour notre famille réunie, un choix délibéré pour pouvoir nous caler sur les dates des enfants, pour éviter qu’ils aient à prendre le train pour nous rejoindre deux jours après notre départ.
Clotilde
maman de six enfants de 7 à 18 ans
Caen (14)

Nous faisons aussi accueillir, et nous veillons à le faire dès que nous le pouvons. Nous avons ainsi déjà invité un filleul pour des vacances en Italie, ou visité le pays avec des correspondants de nos enfants. Quand le voyage s’y prête, nous proposons cette place sur Blablacar. C’est exigeant, parce qu’il faut tenir les horaires, mais c’est aussi un bon moyen de finir le ménage et de partir à l’heure ! Cela ne vaut pas le coup pour de courtes distances, mais c’est intéressant financièrement sur des trajets longs. Et puis, nous faisons de belles rencontres !

Dans la mesure du possible, nous essayons aussi de faire attention aux autoroutes : quand on ne gagne qu’un quart d’heure à en prendre une, mais qu’on fait vingt-cinq kilomètres de plus, on préfère la petite route, que ce soit pour préserver la « maison commune » ou nos économies. Il nous est même arrivé de traverser la France sans autoroute. Il faut bien surveiller la route, pour ne pas se perdre, et son compteur, sinon on perd dans les amendes les économies qu’on fait en péage. Mais, contrairement aux autoroutes, les paysages nous permettent de savoir où l’on est en France : les vacances commencent dès le départ de la maison !

Le train et l’autopartage, une bonne solution pour les vacances
Nous avons vécu sans voiture jusqu’à très récemment – habitude de nos années parisiennes –, et, sans les conduites des enfants à faire le week-end, j’aurais volontiers continué ainsi, par souci d’économie et d’écologie.
Marie
maman de trois enfants de 5 à 9 ans
Chatou (78)

Les transports en commun nous ont longtemps suffi au quotidien, et pour les vacances, nous prenions beaucoup le train : certes, il faut optimiser ses bagages mais cela se fait bien. Le voyage est aussi plus rapide, et on peut faire plein de choses qu’on ne fait pas en voiture. Nous avons eu des cartes Avantage avant de passer au tarif famille nombreuse [Les AFC font le point sur la carte Famille Nombreuse dans cet article, NDLR]. Quand nous le pouvions, nous prenions des Ouigo au tarif avantageux. Il faut alors faire attention aux bagages, parce que les bagages supplémentaires sont facturés. Et j’ai des chèques vacances que je ne pouvais pas utiliser pour les Ouigo.

Quand nous allions dans des endroits mal desservis par le train, ou que nous n’avions pas de voiture sur place, nous avons souvent loué des véhicules, soit auprès d’agences classiques, soit à des particuliers, via les plateformes d’autopartage Turo (ex-OuiCar) ou Getaround. Les deux avaient des prix équivalents, mais sur certaines dates les agences offraient parfois des réductions, en partenariat avec la SNCF. Quant aux plateformes, il faut chercher un peu et regarder les avis, mais nous n’avons jamais eu de problème.

Certes, louer une voiture trois semaines pendant les vacances d’été, comme nous l’avons parfois fait, coûte un peu cher, mais toujours moins qu’une voiture à l’année. Si le mode d’autopartage collectif était plus répandu et que nous étions assurés de pouvoir trouver facilement une voiture près de chez nous pour une conduite scoute ou aller chercher un meuble, nous aurions volontiers poursuivi ce mode de fonctionnement plus longtemps.

Il existe des bons plans méconnus
Avec nos deux étudiants, l’une à Paris et l’autre à La-Roche-sur-Yon, et nos deux pensionnaires dans la Drôme, la gestion des trajets demande pas mal de débrouille ! Avec mon mari, nous avons même créé un agenda papier dédié, pour ne pas louper les principales dates auxquelles prendre les billets, les changer, etc.
Isaure
maman de 8 enfants de 7 à 26 ans
Toulon (83)

Les enfants ont des cartes de réductions aux critères contraignants : notre fils étudiant en Vendée a une carte TGV Max, un abonnement illimité au TGV pour 90 euros par mois, bien pratique pour aller voir ses grands-parents ou la famille, quand il ne revient pas chez nous. L’inconvénient, c’est qu’il faut s’y prendre à l’avance, les places avec cette réduction étant soumises à un quota.

Ses trois sœurs, elles, utilisent un abonnement trop méconnu : le tarif Élève-Étudiant-Apprenti (EEA). Il est gratuit, et permet d’acheter à des tarifs concurrentiels des billets domicile-lieu d’études ou d’apprentissage. Il faut les acheter par lot de 10 minimum en guichet SNCF, mais on peut les changer par la suite. C’est une vraie logistique mais cela vaut vraiment le coup.

Pour aller voir leurs amies qui habitent à Marseille ou à Aix, nos filles ont un autre abonnement, le pass Zou : pour 90 euros l’année, il leur permet de voyager gratuitement en bus et en train pour tous les trajets interrégionaux. La région est vraiment bien pour cela.

Pour les trajets qui ne sont pas couverts par ces différents abonnements, nous surveillons beaucoup les Ouigo à dix euros, et nous achetons nos billets de train sur Trainline et non sur SNCF Connect, qui propose moins de bons plans, et nous pratiquons volontiers le covoiturage.

Et quand j’ai des questions, je prends rendez-vous à la gare au lieu de faire la queue, les agents sont toujours très ponctuels et de bon conseil : c’est comme ça que j’ai découvert l’abonnement EEA !

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