Back Vous êtes ici : Société Questions de société Bioéthique/Ecologie de l'homme L'avis du Conseil d'Etat sur le cas Vincent Lambert

L'avis du Conseil d'Etat sur le cas Vincent Lambert

Le 14 février 2014, le Conseil d'Etat avait invité l'Académie de médecine, le Conseil national de l'Ordre des médecins, le Comité consultatif National d'éthique (CCNE) et Jean LEONETTI à lui présenter des observations pour l'éclairer sur l'application des notions d'obstination déraisonnable et de maintien artificiel de la vie, en particulier à l'égard de personnes qui sont, comme Vincent Lambert, dans un état pauci-relationnel. Le CCNE a rendu publiques le 15 septembre les observations qu'il avait transmises au Conseil d'Etat le 5 mai 2014.

Nous percevons que le CCNE est très embarrassé pour donner cet avis. Vincent Lambert n'ayant pas rédigé de directives anticipées ni désigné de personne confiance, il faut donc décider pour lui de l'arrêt ou non des traitements.

Sur 38 pages de ce rapport, 20 sont consacrées à essayer de déterminer le degré de conscience des personnes en état pauci-relationnel. Cette longue étude amène le CCNE à poser trois questions :

  • « Le maintien de la vie d'une personne dont la conscience ne s'exprime pas extérieurement constitue-t-il un maintien artificiel ou une prolongation artificielle de la vie ? »
  • « Doit-on admettre ou non qu'un tiers puisse savoir si la vie de cette personne doit ou non continuer à être vécue, et puisse juger de la qualité de sa vie ? »
  • « Peut-on considérer pour autrui que maintenir sa situation de handicap relève de l'obstination déraisonnable ? »

Auparavant, le CCNE hésite à considérer comme traitement la nutrition et l'hydratation artificielles, car celles-ci se substituent à l'alimentation et à la boisson, qui sont des besoins humains quotidiens, essentiels et universels. « S'agit-il alors ici d'une obstination à traiter une maladie ou d'une obstination déraisonnable à maintenir la personne en vie ? »

« Pour le CCNE, le seul fait de devoir irréversiblement, et sans espoir d'amélioration, dépendre d'une assistance nutritionnelle pour vivre, ne caractérise pas à soi seul un maintien artificiel de la vie et une obstination déraisonnable. »

Le CCNE reste très prudent dans son commentaire, pour éviter d'établir une norme qui risquerait de s'appliquer à toutes les situations. Il souhaite, pour ces cas extrêmes, « la mise en place d'un véritable processus de délibération et de décision collective (médecins, équipe soignante, famille, proches), qui permette de faire émerger au mieux, au cas par cas, dans la pleine conscience de l'incertitude, la meilleure réponse possible dans la radicale singularité de chaque situation. »

Actualités des familles La Croix