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Bioéthique

L'écologie de l'homme, c'est tout d'abord le respect de la vie de la conception à la mort naturelle, l'affirmation de la dignité intrinsèque liée à la nature de l'homme et non à ses performances, l'affirmation de son intégrité physique (le corps ne peut donner lieu à des transactions commerciales), le respect de la complémentarité entre l'homme et la femme, la dignité de ses conditions de vie.

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Recherche sur l’embryon : une autorisation arbitraire

Les sénateurs reprendront ce soir, mardi 4 décembre à partir de 22h, l'examen de la proposition de loi tendant à modifier la loi n° 2011-814 du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique en autorisant sous certaines conditions la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires.

Estimant que « la recherche sur les cellules souches embryonnaires est porteuse d'espoir et ne cesse de susciter l'intérêt des chercheurs en raison de leur potentiel thérapeutique considérable », les auteurs de ladite proposition souhaitent remplacer le dispositif juridique actuel d'interdiction recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires par un régime « d'autorisation encadrée ».

 Cet aménagement du texte actuel soulève des questions, alors même qu'un arrêt de la Cour européenne de justice, en date du 18 octobre 2011, bannissait la brevetabilité des technologies de recherches qui s'appuient sur les cellules souches et débouchent sur la destruction d'embryons humains, précisant en outre que « tout ovule humain doit, dès le stade de la fécondation, être considéré comme un embryon humain dès lors que cette fécondation est de nature à déclencher le processus de développement d'un être humain ».

Il convient de rappeler avec insistance que toute recherche sur l'embryon fait de l'embryon un matériau de laboratoire et aboutit à sa destruction. L'attitude face à l'embryon demande plus de sérieux et de prudence puisqu'il s'agit d'un être humain en tout début de vie.

Par ailleurs, les embryons surnuméraires issus du parcours d'AMP constituent un vrai dilemme pour les couples pour lesquels « renoncer aux embryons » en vue d'un don à la science « provoque une culpabilité mal assumée » (De la pilule au bébé éprouvette. Choix individuels ou stratégies médicales ?, INED, 2008, p. 253).

D’autre part, les moyens consacrés aux recherches sur l'embryon pourraient être consacrés à développer des recherches respectueuses et gardiennes d'une écologie de l'Homme soucieuse du bien-être des personnes (par exemple les recherches sur les cellules souches issues du sang de cordon).

Enfin, toute modification de la loi en matière de bioéthique doit faire l’objet d’une concertation et d’un débat public, comme le prévoit la loi examinée ce soir (loi n° 2011-814 du 7 juillet 2011), débat qui n’a pas eu lieu.

Bonne nouvelle pour l’embryon ! Les cellules souches adultes à l’honneur !

Le prix Nobel de Médecine vient d'être attribué à deux chercheurs pour leurs découvertes sur les cellules souches adultes :
- Le britannique John GORDON, 79 ans, a montré le premier qu'il était possible de reprogrammer complètement l'ADN d'une cellule adulte pour qu'elle devienne identique à l'ADN du noyau de l'œuf.
- Le japonais Shinya YAMANAKA, 50 ans, a exploité cette découverte et est parvenu à produire les premières cellules IPS.

Grâce à des manipulations génétiques, YAMANAKA a réussi à transformer des cellules adultes en cellules souches, ayant les mêmes potentialités que les cellules embryonnaires, capables de se métamorphoser en toutes sortes d'autres cellules. On peut donc désormais se passer de l'embryon pour récolter les précieuses cellules souches.

Ce prix est salué par le Pr Marc PECHANSKI (Laboratoires ISTEM et INSERM) qui reconnaît le grand intérêt des cellules IPS, précisant que ces cellules permettent également la modélisation tant recherchée sur les cellules embryonnaires. Cette déclaration est de bon augure, si l'on se souvient qu'il y a 2 ans, lors des débats sur la révision de la loi relative à la bioéthique, le Pr PECHANSKI avait revendiqué l'autorisation de la recherche sur l'embryon, alors seule déclarée capable d'arriver à ces résultats. Espérons que son équipe va se concentrer sur ces cellules pour rattraper le retard pris en ce domaine.

Cela pourrait enlever beaucoup de pertinence à la demande des parlementaires désireux de revenir sur la loi votée en juillet 2011.

Don de gamètes : la réponse à la souffrance des couples ?

Communiqué de presse

Depuis le début du mois de juin, l'Agence de Biomédecine renouvelle sa campagne de sensibilisation et de recrutement sur les dons de gamètes – ovocytes et spermatozoïdes – à travers deux vidéos.

Soucieuses de la souffrance des couples en attente d'enfants, les AFC s'inquiètent de ce que cette campagne présente le don de gamètes comme un geste de générosité pour répondre à cette souffrance.
Sa gravité appelle une réponse effective. Il en va du respect des couples qui y sont confrontés.

En plus des nombreuses questions que pose l'Assistance Médicale à la Procréation (AMP) telle qu'elle est couramment entendue, les AFC attirent l'attention sur les aspects suivants :
- la pratique du don de gamètes dans le cadre de l'Assistance Médicale à la Procréation ne permet pas de soigner l'infertilité d'un couple mais la contourne : c'est une pratique à visée palliative mais non curative,
- la filiation n'est ni simplement biologique, ni simplement affective, elle forme un tout où se mêlent le biologique, l'affectif...
- cette pratique a des « coûts » très nombreux : économiques bien sûr, mais aussi psychologiques, conjugaux...
- l'AMP soulève de sérieuses questions éthiques, insolubles : le dilemme pour les couples du devenir des embryons surnuméraires, de la dissociation de leur sexualité et de leur fécondité...

Pour les AFC, il est nécessaire de développer les recherches sur les causes de l'infertilité et les moyens réellement thérapeutiques qui en découlent. Il est également nécessaire de promouvoir une éducation à la vie qui éclaire la portée et la nature de la relation entre un homme et une femme. Par ailleurs, puisque certaines causes de l'infertilité sont désormais connues, il convient de ne pas se lasser de développer la prévention en la matière.
C'est à cette condition aussi que l'on permettra de ne pas favoriser l'idée qu'il existe un « droit à l'enfant ».

C'est dans cette optique que les AFC ont publié, en avril dernier, un vade-mecum Comprendre l'Assistance Médicale à la Procréation. Quelle est la nature de la réponse que l'AMP apporte à la souffrance des couples en attente d'enfants ? Quelle est sa portée pour les couples, les enfants ? Le présent vade-mecum entend apporter un éclairage sur ces points, aussi précis que possible, étayé par des témoignages de praticiens et de couples.

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